Covid-19 : une maladie qui ne disparaîtra sûrement jamais, voici ce qui nous attend

Est-ce que le virus va disparaître un jour ? On vous fait le point sur la maladie : les variants, les risques, l'avenir du virus.

© Rosario « Charo » Gutierrez

La Covid-19 fait partie de nos vies depuis près de trois ans maintenant. Comme un ex-pot de colle dont on n’arrive pas à se débarrasser. Mais, qu’en est-il de la pandémie, des variants, des mutations ? Les spécialistes ont fait le point et expliquent qu’on ne peut plus parler d’une pandémie, mais plutôt d’un virus endémique qui reviendrait tous les ans nous dire bonjour. Ainsi, il faut considérer que le virus va refaire des siennes selon les saisons, au même titre que la grippe hivernale ou la rougeole par exemple.

Covid-19 : il y aura d’autres épidémies ?

La pandémie de la Covid-19 est loin derrière nous, mais les experts expliquent que d’autres épidémies vont se produire. Ce n’est que le début ! Ainsi, si le gouvernement a bien tiré des leçons de la crise sanitaire, les prochaines situations de crise devraient mieux se passer…

Est-ce que c’est le clap de fin pour la covid-19 ?

« Nous n’en sommes pas encore là », a déclaré début décembre l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui 90 % de la population mondiale possède une certaine immunité face à la Covid-19. Mais, « des lacunes dans la surveillance, les tests, le séquençage et la vaccination continuent à créer les conditions idéales pour l’émergence d’un nouveau variant préoccupant qui pourrait causer une mortalité significative », a expliqué le DG de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Est-ce que ce virus va-t-il disparaître un jour ?

Probablement jamais. En effet, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) existe depuis 2003 à travers le globe. Il a disparu avec des règles de confinement et de quarantaine. On peut aussi évoquer le cas de la variole. Cette maladie avait été « éradiqué » en 1980 avec une vaccination en masse par l’OMS. Visiblement, ce cas est très rare.

« Pour éradiquer un virus, il faut que la maladie soit cliniquement visible, qu’il n’y ait pas de réservoir animal, et disposer d’un vaccin très efficace, qui protège à vie. Le Covid-19 coche toutes les mauvaises cases », précise Philippe Sansonetti. En effet, certaines victimes de la Covid-19 sont asymptomatiques. Donc, ils ne respectent pas les mesures barrières ou d’isolement. De plus, ce virus peut se transmettre aux animaux. Donc, ils peuvent être contaminés, recontaminer les humains et c’est une boucle infinie. On sait que la vaccination protège des complications, mais pas de la propagation. On peut contracter plusieurs fois le virus.

Quels sont les risques sanitaires pour l’avenir ?

Selon le directeur de l’unité génomique évolutive des virus à ARN à l’Institut Pasteur, Étienne Simon-Lorière, « on laisse aujourd’hui beaucoup trop circuler le virus ». En effet, il explique qu’à chaque fois que le virus touche un individu, il peut aussi faire naître une nouvelle mutation. Et il ne sait pas si ces mutations seront plus ou moins graves. « Même si ça nous arrange tous de croire cela, on n’a aucune raison de penser qu’il va devenir plus sympathique », ajoute-t-il.

En plus, d’autres virus respiratoires pourraient apparaître. Depuis l’arrivée du SRAS, du MERS, et du SARS-Cov2, « on a retrouvé une bonne dizaine de coronavirus chez des chauves-souris qui pourraient potentiellement infecter l’homme », dévoile Arnaud Fontanet, un expert des maladies émergentes à l’Institut Pasteur. Entre 60% et 70% des maladies émergentes viennent des animaux. En effet, les nouveaux virus circulent entre les animaux vertébrés et l’homme dans les deux sens. La disparation de la faune et de la flore, la mondialisation, les voyages, augmentent les interactions entre les Hommes et les animaux. Tout l’écosystème est perturbé et cela facilite la naissance de nouveaux virus telle que la Covid-19.

Comment préparer l’avenir ?

Selon Arnaud Fontanet, « beaucoup peut et doit être fait au début d’une épidémie ». Par exemple, en 2020, le Danemark a confiné tout de suite sa population et elle a pu être libérée plus vite que dans d’autres pays. Ensuite, il faut « avoir une capacité de développement de tests très précoce », notamment dès le démarrage d’une épidémie. Le but étant de repérer immédiatement les malades et de les isoler. « Malheureusement, aujourd’hui, on est encore dans la réaction, pas dans l’anticipation », déclare le chercheur avec regret.

Le concept « one health » (une seule santé) qui existe depuis les années 2000, essaye de sensibiliser sur la relation étroite entre la santé des Hommes, la santé des animaux et la nature. Ainsi, un projet mondial sur les enjeux sanitaires a été évoqué la semaine dernière à Genève. Le but est d’éviter de reproduire les mêmes erreurs que pendant la crise de la Covid-19.