Alzheimer: des chercheurs ont découvert comment prédire l’évolution de la maladie

Les scientifiques se sont intéressés à la part de protéines anormales dans le cerveau. Connaître l'évolution de la maladie d'Alzheimer devrait permettre de mieux s’occuper des patients et de faire évoluer la recherche sur les traitements de la dégénérescence du cerveau. France Inter vient de faire le point sur les recherches. Objeko vous donne tous les détails à ce sujet

©Istock

Une fois le diagnostic d’Alzheimer réalisé, tous les patients se demandent : comment la maladie va-t-elle évoluer chez moi ? À quel rythme ? Avec quelles conséquences ?

Maladie d’Alzheimer, une vie bouleversée

Certains patients vont se dégrader de façon lente, d’autres vite mais le médecin ne peut pas actuellement donner une réponse sûre. C’est pour tenter d’anticiper cette évolution que les scientifiques du service de neurologie de la mémoire et du langage du GHU Paris Psychiatrie et neurosciences, situé à l’hôpital Sainte-Anne, sous la houlette du professeur Marie Sarazin et Julien Lagarde, en lien avec celles du laboratoire BioMaps du service hospitalier Frédéric Joliot (CEA) à Orsay du Docteur Michel Bottlaender, se sont penchés sur les quantités initiales de protéines anormales à l’intérieur du cerveau.

 

C’est de cette manière qu’est réalisé le diagnostic de la maladie. La seule manière d’identifier la maladie s’appuie sur la détection de signes que sont des protéines anormales qui se multiplient dans le cerveau. Le souci, c’est qu’elles ne sont pas visibles et que la seule façon de les voir, c’est au microscope avec des morceaux de cerveau découpé en lamelle.

Les chercheurs ont conçu une recherche par l’imagerie Pet Scan. Elle permet de détecter les protéines nommées amyloïde et tau. « La spécificité de ces maladies neurodégénératives, c’est qu’elles sont hétérogènes, détaille Julien Lagarde au micro de nos confrères de France Inter. « Elles se présentent de manière diverse selon les patients et surtout, elles évoluent de façon variable. Or, une des questions principales des patients, au-delà du diagnostic, c’est de savoir de quelle manière les choses vont évoluer. »

 

Il pour suit « Et ça, c’est quelque chose que l’on n’est pas en mesure vraiment de préciser, auquel on n’est pas en mesure de répondre de manière fiable car les marqueurs qu’on nomme les marqueurs de pronostic sont peu nombreux, même absents dans ces maladies. » L’équipe de recherche a essayé de savoir si cette imagerie, cette manière de repéré la protéine Tau, pouvait, être un marqueur de prédiction de l’évolution de la maladie.

La protéine Tau est fondamentale

Les résultats indiquent que la quantité de protéine Tau accumulée est mêlée à l’évolution des troubles cognitifs et de l’atrophie cérébrale après deux années dans la maladie d’Alzheimer. « Nous avons étudié la fixation du traceur Tau à un moment donné en début d’études, indique Julien Lagarde. Au bout de deux ans, nous nous sommes aperçus que cette fixation du traceur était liée à l’évolution à la fois des troubles cognitifs chez ces malades et aussi l’évolution de l’atrophie cérébrale qui est mesurée par l’IRM. » Bref, l’intensité des dépôts de protéine Tau, constatable avec l’imagerie TEP, prédisent l’évolution de cette pathologie.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par @laurentinternationalofficiel7

 

Ainsi, une fois que ces observations auront été affinées, le but majeur va être d’affiner la prise en charge des malades. Il s’agit de mieux les informer dès le début de la maladie, sur ce qui pourra arriver et d’aider anticiper les besoins qui peuvent se présenter durant la maladie. Ce genre d’information peut également permettre de mieux concevoir les études qui ont pour but de mieux développer des traitements curatifs.

« Dans les maladies telles que la maladie d’Alzheimer, on n’a pas de traitements qui guérissent la maladie, explique Julien Lagarde, toujours à France Inter. On a des traitements qui existent, qui sont ce qu’on nomme symptomatiques, qui permettent de limiter l’impact et la répercussion des troubles neurologiques sur la vie au quotidien. Mais on n’a pas les traitements qui vont guérir, qui vont arrêter la maladie. »

Avec cette avancée, les médecins devraient pouvoir mieux organiser et établir des essais thérapeutiques, les recherches qui vont permettre d’expérimenter des nouveaux médicaments. « L’idée dans les essais thérapeutiques, c’est de tenter d’avoir des patients les mieux caractérisés et les groupes plus homogènes. Et ce genre d’information pronostic pourra permettre de mieux stratifiés les malades et définir les patients qui évoluerait plus vite et d’autres moins. Ce qui pourra aider également à appréhender les effets et à pondérer les résultats qu’on a dans les études qui ont pour but d’infléchir l’évolution de la maladie. »