Amélie Mauresmo : l’ex numéro 1 mondiale furax dans C à vous, les raisons dévoilées

La championne française poursuit sa brillante carrière. Après avoir été sans doute la tenniswoman la plus influente du circuit français, elle devient une coach à la renommée mondiale, avant de terminer à la tête de Roland Garros, comme Présidente. Un parcours épatant pour celle qui regrette, aujourd'hui encore, que son genre fasse plus parler que ses compétences.

© GONZALO FUENTES / REUTERS

Amélie Mauresmo invitée dans C à vous

Anne-Elisabeth Lemoine et ses chroniqueurs ont eu le plaisir de recevoir l’ancienne championne de tennis. Une occasion parfaite pour parler avec elle de sa récente nomination comme présidente d’un des quatre tournois du Grand Chelem, les internationaux de France à Roland Garros. Elle succède ainsi à Guy Forget. L’animatrice lance directement le sujet, et invite la championne de tennis à parler de son sentiment.

« On sent bien qu’une partie de vous est fière de casser les codes mais vous rappelez que c’est d’abord vos aptitudes qui vous y ont conduites et pas votre genre« , lance Anne-Elisabeth Lemoine. La réponse de son invitée ne s’est pas faite attendre.

« Ce dire qu’on en est encore à se dire ‘Ah, pour la première fois c’est une femme’, c’est un petit peu dommage. Moi j’attends le jour où on passera au-delà de tout ça. On ne parlera plus de genre mais on parlera d’aptitude (…) Peut-être que dans quelques années on se retrouvera et on parlera d’autre chose du coup« .

Amélie Mauresmo aimerait donc marquer l’Histoire non pas car elle est une femme, mais par l’excellence de son travail. Fière de son parcours, elle veut mettre en avant le fait que c’est son professionnalisme qui l’a aidé à devenir Présidente, et non pas un éventuel mouvement post-MeToo qui pousse à nommer une femme pour le simple fait qu’elle serait une femme. La question du genre n’a, selon elle, rien à faire dans le débat.

 

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Des critiques sexistes ont touché Amélie Mauresmo

La championne de tennis n’est pas dupe. Dans le milieu du sport, le sexisme est bien présent. C’est d’ailleurs du sexisme de considérer plus son genre que ses compétences depuis décembre 2021, mois durant lequel elle est devenue Présidente de Roland Garros. Quand elle est devenue coach du champion Andy Murray, Amélie Mauresmo a subi de nombreuses critiques :

« Ça fait quelques années déjà mais c’est vrai que c’était très violent parce qu’avant même d’avoir commencé je n’étais pas à ma place« . En devenant coach, elle a fait face « au côté sceptique et un peu macho de ce circuit masculin« . Bien qu’elle garde un très bon souvenir de cette collaboration avec Andy Murray, elle reconnaît que c’était une époque « très compliquée« . « S’il perdait, c’était de ma faute de toute façon. Même avant qu’il perde, ça allait être de ma faute« . Mais elle n’a pas baissé les bras et a « écouté une petite voix intérieure qui lui disait de bosser comme une dingue et de continuer« . Un pari qui s’est avéré être gagnant pour Amélie Mauresmo.

 

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Une icône pour la communauté LGBT

Amélie Mauresmo est une personnalité très appréciée, notamment dans le milieu LGBT. Car elle fait son coming-out très tôt dans sa carrière, à une époque où il était encore plus difficile qu’aujourd’hui de s’assumer pleinement. Mais elle n’écoute que son cœur : en janvier 1999, alors qu’elle se qualifie pour la finale de l’Open d’Australie à seulement 19 ans, elle se dirige vers sa compagne de l’époque, Sylvie, et l’embrasse devant les caméras et le public.

« Sylvie ne m’a pas forcée ! J’en avais envie. Je n’ai pas hésité. C’était un pas difficile à faire. Je me suis dit : ‘Ça va être le bordel !’. Et j’ai pensé que cela pouvait aider certaines personnes, bien que je n’aie aucune envie d’être le porte-parole de quoi que ce soit. Sauf de la tolérance« , explique-t-elle dans les colonnes de Paris Match la même année.

La championne est cependant consciente qu’elle ne pourrait sans doute pas faire son coming-out de la même manière aujourd’hui. Toujours dans les colonnes de Paris Match, mais vingt ans plus tard, elle accepte de revenir sur ce moment fort et sur son ressenti : « J’hésite : tsunami, ouragan… Et il n’y avait pas les réseaux sociaux… Je me souviens d’un déferlement auquel je n’étais pas préparée du tout. Un mélange de violences et de soutiens« . Si elle n’a pas de regret, elle avoue dans 20h30 le dimanche sur France qu’elle le referait aujourd’hui si elle le pouvait, « mais différemment, moins brutalement« .