Après les pénuries de moutarde et d’huile, cet aliment est désormais menacé cet été

Les rayons des grands magasins se font de plus en plus vides. Après l’huile et la moutarde, c'est le rayon de la boucherie qui est touché. Vos barbecues sont-ils en danger pour cet été ?

©par Franck Pinay-Rabaroust

Les français face aux pénuries depuis le début de l’année 2022

Au début de l’année 2022 l’huile de tournesol est devenue un produit rare en France. Cette pénurie est une conséquence de la guerre en Ukraine. En effet, le pays actuellement envahi par l’armée Russe représente 50% des exportations mondiales de tournesol. Il est le premier pays exportateur. Depuis plusieurs semaines, les français sont habitués à voir les rayons des huiles désespérément vides. Malheureusement, ce n’est pas le seul aliment qui manque.

En effet, la moutarde est également concernée par des problèmes d’approvisionnement. Ce n’est plus la guerre en Ukraine qui est à l’origine des rayons vides, mais le réchauffement climatique. Cela peut vous surprendre, mais ce n’est pas la ville de Dijon qui produit le plus de moutarde. Elle est concurrencée par le Canada. 

Mais du fait du réchauffement climatique, le pays d’Amérique du nord a vécu une très forte sécheresse l’été dernier. Par conséquent, sa récolte a été ravagée par ce climat aussi surprenant qu’inquiétant. A la fin du mois de mai, Libération indiquait que la production avait chuté de 28%. Pour faire face à ce manque à gagner, le ministère de l’agriculture Canadien prévoit une augmentation considérable du prix de la moutarde. Si vous arrivez à trouver un pot dans votre supermarché, celui-ci pourrait vous coûter jusqu’à deux fois plus cher que ce que vous le payiez l’an dernier !

La grippe aviaire à l’origine d’une nouvelle pénurie

Après la guerre en Ukraine et le réchauffement climatique, c’est la grippe aviaire qui vient jouer les trouble-fêtes dans nos assiettes. La grippe aviaire est bien connue des français, mais considérablement éclipsée par celle du covid-19. Elle n’est pas pour autant sans conséquence puisqu’elle décime des élevages de volailles françaises. Effectivement, la seule solution pour lutter contre le virus est radicale : il faut abattre toutes les bêtes présentes dans un élevage dès qu’un premier cas est détecté. Femina nous indique un chiffre incroyable : 16 millions de volailles ont été tuées par les éleveurs. 

Ce sont plus de 1378 foyers qui ont été détectés depuis le 26 novembre 2021 en métropole. Le Sud-Ouest de la France est notamment touché, tout comme les Pays de la Loire. Le ministère de l’Agriculture a beau avoir abaissé le niveau de risque sur le territoire national à « négligeable » le 8 juin dernier, les conséquences sont là : le canard va manquer dans nos assiettes. 

Les restaurants changent les menus

Cette pénurie est déjà d’actualité puisque nombreux sont les restaurants à habituellement servir du canard qui n’ont pas d’autre choix que de changer leur menu. A Toulouse, Carcassonne ou encore à Sarlat, des villes où les habitants raffolent du canard, les assiettes sont désormais dépourvues de cette volaille. Le canard est aujourd’hui remplacé par du bœuf ou de l’agneau.

Malheureusement, les français vont devoir faire avec, pendant un temps. En effet, les agriculteurs n’ont toujours pas de canard à élever. C’est en tout cas ce qu’indique un éleveur interpellé par Midi Libre. « Je n’ai pas de canards pour l’instant, j’aurai mon premier lot de canetons le 20 juillet et je pourrai reproposer mes canards à partir de la mi-octobre. Je vais recevoir 400 canards au lieu de 2 000. Et encore, au dernier moment on peut nous dire non« .

Les restaurateurs peuvent compter sur les exportations de canards, mais là encore, la situation est très floue. « Je viens de faire mes commandes pour le mois prochain, je n’ai plus qu’à attendre mais on ne recevra pas la totalité« , nous révèle Farid Benighil, chef cuisinier de la Grande Brasserie à la Cité à Carcassonne.

Les consommateurs n’ont pas d’autre choix que de s’adapter. L’avenir ne semble pas des plus radieux puisque, depuis des années, des scientifiques estiment qu’il existe un lien entre les épidémies et le réchauffement climatique. L’écologie est aujourd’hui une des préoccupations majeures des (jeunes) français qui sont conscients des conséquences de l’activité humaine sur l’environnement et la nature. Pour rappel, selon certains défenseurs de la cause climatique, il nous reste jusqu’au 31 décembre 2024 pour inverser la tendance. Cela correspond à un peu plus de 1000 jours durant lesquels des efforts doivent impérativement être faits par les pays développés.