Cancer des poumons : voici pourquoi certains fumeurs ne développent jamais la maladie

Selon une étude parue dans Nature Genetics, les fumeurs développeraient un "système de prévention".

©Nerthuz/iStock

Même si le tabac est responsable de la grande majorité des cancers du poumon, certains gros fumeurs semblent épargnés par la maladie. Dans une récente étude, les scientifiques nous expliquent ce phénomène. Ne vous inquiétez pas, la rédaction d’Objeko, va tout vous dire sur le sujet. Vous êtes prêts ?

13 millions de fumeurs en France

En France, on compte environ 13 millions de fumeurs en France. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le tabagisme continue de tuer. Près de 75 000 décès et 46 363 cas de cancers du poumons sont recensés chaque année. Pour autant, et même si la maladie concerne près de 90 % des fumeurs, les accros à la nicotine ne semblent pas développer davantage de mutations génétiques que les autres. C’est en tout cas ce qu’affirme une récente étude publiée dans la revue Nature Genetics.

 

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Mais comment c’est possible ? Et bien, c’est très simple. En effet, certains gros fumeurs sembleraient protégés de la maladie grâce à un mécanisme de défense étonnant. Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont suivi au total 33 participants. D’un côté, on retrouve 14 personnes âgées de 11 à 86 ans et qui n’avaient jamais fumé ; de l’autre, 19 fumeurs âgés de 44 à 81 ans. Le but étant d’analyser dans leurs cellules pulmonaires, les mutations de l’ADN dues à l’âge et à l’exposition au tabac.

Traquer les mutations de l’ADN dues au tabac

Pour parvenir à un résultat probant, les chercheurs ont mis au point une nouvelle technique de séquençage : la SCMDA. Elle permet de séquencer l’intégralité du génome d’une cellule isolée sans que le séquençage lui-même n’induise des mutations. Et justement, si on retrouve des mutations liées à l’âge chez les non-fumeurs, elles sont bien plus nombreuses dans les cellules pulmonaires des fumeurs. Ces dernières augmentent avec le nombre de paquets fumés mais s’arrêtent après quelques temps.

D’après les scientifiques, après 23 années, l’augmentation de mutation se stoppe. Ainsi, grâce à un système plus performant certains fumeurs seraient moins exposés au cancer du poumon. Certains fumeurs, auraient réussi à supprimer l’accumulation de mutation. Incroyable, non ? Ces recherches montrent qu’une partie des fumeurs pourrait disposer d’un système plus efficace pour réparer les dommages causés à l’ADN. Ce qui est une très belle avancée de la médecine.

Cancer du poumon : réparer les mutations de l’ADN

Ces résultats offrent de nouvelles perspectives aux chercheurs sur l’efficacité des mécanismes de réparation de l’ADN. À ce jour, il est difficile d’estimer la capacité de réparation de l’ADN d’un individu, mais les scientifiques espèrent développer un test qui rendra cela possible. En effet, grâce à cette étude, il serait donc plus facile dans le futur d’identifier quel fumeur pourrait présenter un risque accru de développer un cancer du poumon. Il faut dire que ça rajoute un paramètre. En plus de la durée du tabagisme, l’âge de la première cigarette ou le nombre de paquets quotidiens. C’est déjà pas mal, non ?