Cette ex-chroniqueuse de TPMP, cible de menaces de mort, “des choses extrêmement violentes” !

Victime de multiples agressions sexuelles, elle a eu le courage de les dénoncer 40 ans après. Mais aujourd’hui, cette femme courage est encore menacée. 

© C8

TPMP: Les téléspectateurs la connaissent car elle a incarné la commissaire Sara Douala dans « Plus belle la vie » sur France 3. Au cinéma, elle a joué dans de nombreux films connus comme « Podium de Yann Moix » ou encore « Rien à déclarer » de Dany Boon.

Victime d’agressions sur un tournage

Nadège Beausson-Diagne a officié en tant que chroniqueuse auprès de Cyril Hanouna. On se souvient d’elle pour son message lancé en 2019 sur Instagram. Nadège Beausson-Diagne faisait alors part des agressions sexuelles dont elle a été victime : « Moi aussi j’ai été victime de harcèlement se*uel et d’agression se*uelle sur deux tournages en Afrique. C’était il y a très longtemps. La douleur a été engloutie. Aujourd’hui je suis prête à parler pour aider à libérer cette parole et récupérer ma vie. », avait-elle en effet lâché. Pour elle, il n’y avait alors aucun doute : « la peur doit changer de camp ».

« J’ai mis trente ans à trouver la paix.« 

« J’ai eu l’impression de mourir. », avait-elle raconté dans une interview accordée à Konbini en mars dernier. « Quand j’avais neuf ans, j’ai été v*olée par Michel, que j’appelle Michel le bât*rd, racontait l’actrice. La première fois, parce qu’il y a eu plusieurs v*ols, j’étais à la maison avec mon frère. Lui, il était censé nous garder […]. » Il m’a prise sur ses genoux, a mis sa main sous ma jupe, puis dans ma culotte, il m’a pén*trée digitalement. Je peux vous dire, alors que c’était il y a bientôt quarante ans, que je me souviens de la douleur. J’ai eu l’impression de mourir ».

TPMP: Et d’ajouter : « Je ne sais pas combien de v*ols j’ai subi, mais je sais que j’ai subi des guerres dans mon corps. (…) J’ai mis trente ans à trouver la paix. (…) L’amnésie traumatique enferme tout ce qui s’est passé dans votre cerveau pendant l’agression, elle occulte tout. (…) J’ai mis environ vingt ans à sortir de ça et à pouvoir mettre des mots sur les maux que j’avais subis. (…) Quand on demande pourquoi les victimes n’ont pas parlé avant, je trouve ça d’une violence extrême. Parce que cette agression, elle n’est pas consciente. »

Nadège Beausson-Diagne ne baisse pas les bras. A l’occasion d’une table ronde au Festival panafricain du cinéma et de la télévision, elle a même parlé d’autres mésaventures. Elle a ainsi pointé du doigt un réalisateur africain : « Il m’a isolée de l’équipe technique, a interdit à tout le monde de me parler, a coupé certaines de mes scènes au montage, a menacé de bloquer mes billets d’avion… Je le suspecte même d’avoir cherché à m’intoxiquer. Et ce réalisateur, qui n’a jamais été inquiété, est actuellement présent sur le festival… », avait-elle en effet expliqué.

TPMP « Je continuerais à parler parce que je suis en mesure de le faire. »

TPMP: Aujourd’hui, elle témoigne, deux ans plus tard, des conséquences de cette prise de parole : « Moi j’ai été menacée de mort, on reçoit des choses extrêmement violentes (…) Dans le cinéma africain, on a notamment aidé une jeune actrice, et le réalisateur m’a menacée de mort », a-t-elle ainsi confié. Mais elle ne va pas s’arrêter pour autant. « C’est pour ça que je continuerais à parler parce que je suis en mesure de le faire. » Heureusement, en chemin, elle s’est faite également des amies. « Je mets des guillemets parce que si elles pensent que j’ai fait ça pour ma publicité, ce ne sont pas des amies ».

Et d’ajouter : « Si vous saviez le nombre de messages que je reçois… Et je sais que c’est infime par rapport à la réalité. Il y aura toujours plus de victimes qui ne parleront pas que de victimes qui parlent. » Une belle leçon de courage.