Déconfinement en mai? Pas si sûr ! Ces révélations inquiétantes qui laissent envisager une douche froide

Restaurants, cafés et musées pourraient rouvrir mi-mai. Mais rien n’est moins sûr. Autant se préparer à une douche froide…

Déconfinement en mai ? Pas si sûr ! Le redoutable variant brésilien nous guette !
© Matteo Jorjoson / Unsplash

En mars dernier, quand les Français devait accepter un nouveau confinement, le président de la République leur annonçait un déconfinement pour mi-mai. Mais c’était sans compter de très mauvaises surprises arrivées entre temps.

Si le ministre de la Santé planche sur une levée des restrictions, il n’a donné pour le moment aucune date de déconfinement. Certes, il promet “un certain nombre d’allégements des mesures à partir de la mi-mai”, sans donner plus de précisions.

« C’est beaucoup trop tôt. »

Pour sa part, l’épidémiologiste Catherine Hill, interviewée par l’Express, sonne la sonnette d’alarme. « C’est beaucoup trop tôt. La décision est clairement politique, car on déconfine alors qu’on est en plein pic, ce qui est évidemment totalement déraisonnable. Le virus circule beaucoup trop. Par exemple dans les sept derniers jours, 443 personnes en moyenne sont arrivées chaque jour en réanimation, ce qui est en encore au-dessus du pic du mois de novembre. », explique-t-elle en effet.

 

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Elle relève également que « le nombre de morts reste aussi très élevé. Dans ces conditions, lever le pied paraît complètement illogique. Certes, on observe depuis quelques jours une diminution des arrivées à l’hôpital et des admissions en réanimation, mais elle est minuscule. Elle nous amène au niveau où l’on avait décidé de confiner la dernière fois. En Chine et en Australie, ils confinent dès qu’il y a une résurgence des cas. », appuie-t-elle par ailleurs.

« Le nombre de morts va continuer à augmenter. »

Quant à la vaccination, l’experte reconnait qu’elle est « efficace ». « Elle a réduit l’importance de la vague chez les personnes âgées. Mi-novembre, il y avait 200 morts par jour dans les Ehpad et maintenant, on en est à sept morts par jour. Donc, Il faut vacciner le plus vite possible, mais les doses arrivent lentement. En attendant, le nombre de morts va continuer à augmenter. », annonce-t-elle en effet sans détour dans les colonnes de l’Express.

« C’était une mauvaise décision de rouvrir le pays début décembre.”

Pour l’épidémiologiste Catherine Hill, le risque, « c’est que l’épidémie reparte. Les enfants vont retourner à l’école, eux et leurs parents vont croiser de nouvelles personnes. Ça va faire circuler davantage le virus. Par ailleurs, il n’y a pas du tout assez de gens vaccinés pour que le virus s’arrête de circuler. Depuis le 1er décembre – date à laquelle on a décidé d’arrêter un confinement un peu sérieux, on est resté sur un plateau très haut d’arrivées en réanimation, d’arrivées à l’hôpital, et de morts par jour. »

L’experte va même jusqu’à remettre en cause les dates de déconfinement du pays, notamment celui de décembre dernier. « C’était une mauvaise décision de rouvrir le pays début décembre, on n’était pas revenu à la situation de cet été – où la circulation du virus était très faible. Depuis le 1er décembre, on en est à 300 morts par jour en moyenne.

« Tant qu’on n’a pas fait cela, l’épidémie continue. » 

Et de préciser : « Attention, on ne peut pas bien surveiller l’épidémie à partir du nombre de cas qu’on trouve chaque jour, car ce nombre dépend de qui et de combien on teste. Jusqu’ici, on a identifié environ un cas sur trois. Il faudrait tester massivement la population, car il y a des gens qui ne savent pas qu’ils sont contagieux, car ils n’ont pas de symptômes. Tant qu’on n’a pas fait cela, l’épidémie continue. »

 

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Les vaccins inefficaces contre les variants brésiliens et sud-africains ?

Et puis, voici qu’apparaissent sur notre territoire des variantes très inquiétants. En l’occurrence les variants brésiliens et sud-africains. Ils font déjà des ravages dans la Creuse. Le problème, c’est que les vaccins seraient inefficaces contre ces variants ! « On sait que ça ne protège pas à 100% des cas, et on ne sait pas si ça empêche de transmettre le virus, détaille Emmanuel Bahans. Le vaccin ou l’immunité naturelle protègent quasiment à 100% pour la souche historique et la souche anglaise des formes graves, mais certaines études montrent que ce chiffre est un peu moindre pour les souches sud africaines ou brésiliennes. On n’en a pas encore tout à fait la preuve, explique Emmanuel Bahans au Figaro. Médecin-conseil de l’Agence régionale de Santé en Haute-Vienne et en Creuse, il suit de près l’épidémie de ce variant.

“C’est possiblement un seul cas qui a engendré tout ça ».

Les autorités sanitaires tentent de comprendre également la situation. «Il est capital de mettre un cordon sanitaire autour de la Creuse durant quelques jours pour remonter toute la chaîne de transmission, explique pour sa part Antoine Flahault, professeur de Santé publique à l’université de Genève. C’est possiblement un seul cas qui a engendré tout ça ».

 «Le nombre de personnes atteintes par les variants sud-africain ou brésilien est en fait moindre en Creuse que dans les départements autour. On a un pourcentage anormalement élevé car on a eu deux clusters. Mais il va diminuer je suis assez confiant, tente de relativiser  Emmanuel Bahans. Il n’en reste pas moins que ces variants sont beaucoup plus contaminants et mortels. Ca fait froid dans le dos !

 

 


Alix Brun

Alix Brun

Passionnée de rédaction, je m’intéresse à tous les sujets qui animent l’actualité française et mondiale. Rédactrice web de profession, j’ai à coeur d’informer le lecteur de la manière la plus précise possible, tout en offrant une information qualitative. Pigiste pour Objeko, j’ai également pour but de contribuer à un canal d’information distinct des grandes rédactions journalistiques omniprésentes sur le web, offrant ainsi un point de vue différent sur notre actualité quotidienne.