Eric Dupont-Moretti : totalement hanté par cette « humiliation au fer rouge »

La plume de Sébastien Le Fol revient sur le parcours d’Eric Dupont-Moretti. Un extrait se retrouve dans les colonnes du magazine « Gala » ce 25 novembre. En effet, « Reste à ta place » vient de paraitre aux éditions Albin Michel. L’occasion de découvrir cette « humiliation au fer rouge » de l’actuel garde des Sceaux.

Eric Dupont-Moretti : totalement hanté par cette "humiliation au fer rouge"
© Aurélien Morissard / Panoramic / Bestimage

Eric Dupont-Moretti n’a jamais caché avoir des origines modestes. Mais cela ne veut pas dire que sa vie était un parcours de santé, notamment au début de sa carrière. En effet, le fait qu’il ne vienne pas d’une famille aisée et qu’il arrive de province ne lui a pas rendu la quotidien facile. Dans ce livre de Sébastien Le Fol, intitulé « Reste à ta place », le garde des Sceaux évoque plusieurs anecdotes à ce sujet. Et l’une d’elle a tapé dans l’œil de nos confrères chez Gala, à juste titre. Car Eric Dupont-Moretti évoque une « humiliation au fer rouge » qui le hante encore. Objeko vous rapporte donc les détails de cette anecdote qui risque de faire couler beaucoup d’encre. En effet, il était récemment mis en examen et ce livre pourra sans doutes apporter un nouvel angle de vue sur le ministre de la Justice.

Eric Dupont-Moretti raconte son histoire personnelle dans un nouveau livre

Le ministre de la Justice du gouvernement Castex était avocat avant de devenir une figure politique. Pendant plus de 30 ans, il a exercé ce métier qui le passionne. Mais ce n’était pas si simple pour lui d’arriver à Paris et de s’intégrer à l’époque. Et il reste donc marqué à vie par certaines anecdotes. Des anecdotes dans lesquelles il était rabaissé sans ménagements à ses origines modestes donc. Car, Eric Dupont-Moretti est en effet issu d’une famille tout à fait banale. Son père était ouvrier et sa mère était femme de ménage. Mais encore aujourd’hui, ce n’est pas le cas de tous les avocats ou aspirants avocats. En effet, le milieu social d’Eric Dupont-Moretti ne laissait pas présager de prime abord qu’il voudrait faire de hautes études. C’est un préjugé qui a la peau dure, Objeko vous l’accorde.

Mais Eric Dupont-Moretti avait le soutien de sa mère. Son père décédait alors qu’il n’avait que 4 ans. Et il était déterminé à se faire un nom en tant qu’avocat. Natif de Maubeuge, il exerce à Lille. Mais ces passages à Paris lui restent donc gravés en mémoire tant il a été regardé de haut et déprécié. Dans Reste à ta place, il raconte ainsi une anecdote très précise dont il dit qu’elle est, encore aujourd’hui, une « humiliation au fer rouge ». Il faut donc comprendre qu’il s’agit d’un souvenir traumatisant, comme le soulignent nos confères chez Gala. « Je vois bien que l’on me prend pour un hobereau avec de la paille qui sort des poches. Je m’en moque », confiait Eric Dupont-Moretti au journaliste du Point, Sébastien Le Fol.

 

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Ce souvenir traumatique de la jeunesse du garde des Sceaux

Néanmoins, il ne s’en moque peut-être pas tant que cela. En effet, pour parvenir à faire cesser les regards hautains et arrogants qui pèsent sur lui, il décide de se rendre chez un tailleur. L’idée est de se procurer au plus vite une veste de costume pour gagner en charisme. Mais surtout pour gagner un minimum de respect de habitants de la capitale. Eric Dupont-Moretti explique alors qu’il se rend « avec la rage de Rastignac » chez Unagaro, un tailleur de l’avenue Montaigne. Cette fameuse veste en tweed qu’il achetait ce jour-là, le garde des Sceaux ne s’en séparera jamais.

Une fois cet achat fait, Eric Dupont-Moretti rentre à Lille. Il est fier de lui mais la plus grande des humiliations est proche. En effet, une fois de retour, il apprend que le tailleur avait discrètement contacté la banque de l’avocat qu’il était. Le tout pour savoir si son client, pressé d’acheter cette veste en tweed, avait suffisamment de liquidités pour se la procurer. Lorsqu’Eric Dupont-Moretti apprend ça, il est au plus mal. Objeko ne peut nier qu’il s’agit là d’un fait humiliant. D’autant plus pour lui qui faisait cet achat pour stopper l’humiliation quotidienne qui lui pesait tant dans le regard des gens.

 

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« Ça, c’est une humiliation au fer rouge. Là, je me dis : non seulement je n’ai pas les codes, mais je n’ai pas la gueule. », disait-il alors, toujours dans Reste à ta place. Un ouvrage qui porte donc très bien son nom si l’on se contente de connaître cette anecdote. Eric Dupont-Moretti garde ce souvenir douloureux en son cœur. Et sa veste en tweed pour se la rappeler encore et encore. En effet, certains laissent s’effacer de telles blessures morales. Mais Eric Dupont-Moretti préfère s’en servir comme moteur. Car, malgré cette humiliation et surement tant d’autres, il est aujourd’hui ministre de la Justice. Et rares sont les avocats qui peuvent en dire autant.


Julie Bourdin

Julie Bourdin - Rédactrice web passionnée par la culture et par l’actualité. Je me fais un devoir de tenir mes lecteurs informés sur les dernières news.