Faux pass sanitaires : témoignage d’un acheteur, « c’était le prix à payer pour une vie normale »

C’est à Genève qu’était démantelé un réseau de faux pass sanitaires, en octobre dernier. À présent, un acheteur témoigne et la justice détaille ce qu’elle prévoit pour punir cet usage de faux exceptionnel.

Faux pass sanitaires : témoignage d'un acheteur, "c'était le prix à payer pour une vie normale"
© RTS

Les faux pass sanitaires ne sont plus une rumeur ou une légende urbaine. En effet, ils existent bel et bien et ils circulent donc plus largement que l’on pourrait le croire. Tous les pays qui ont mis en place des restrictions pour contenir la pandémie seront systématiquement confrontés à des personnes qui voudront contourner les règles. Ce n’est donc pas une surprise d’apprendre l’existence de faux pass sanitaires. Néanmoins, c’est un réseau particulièrement bien organisé et pas mois de 460 acheteurs qui ont été repérés par les forces de l’ordre genevoises. Un chiffre qui pourrait d’ailleurs grossir dans les prochains jours et les prochaines semaines.

De plus, nous ne sommes pas à l’abris de démanteler un ou plusieurs réseaux de ce genre en France non plus. Il est même avéré que beaucoup circulent déjà. Car, d’après le témoignage de cet acheteur sur la RTS (radio télévision suisse), c’était à la fois simple et naturel pour lui d’arriver à cette extrémité. Objeko vous l’accorde, c’est sans doute une personne qui n’a pas conscience d’avoir mis la santé de ses proches en danger qui s’exprime. Découvrons ensemble comment il justifie son geste et les méthodes de ses réseaux de faux pass sanitaires.

Faux pass sanitaires : les motivations des acheteurs, témoignage

Il est assez simple d’imaginer les motivations des personnes qui se procurent des faux pass sanitaires. En effet, elles sont certainement contre le vaccin. Mais vous allez voir que ce n’est pas si simple. Car la personne qui témoigne dans l’enquête de la RTS, admet ne pas avoir ce profil. Elle était simplement inquiète de ne pas avoir suffisamment de recul sur le vaccin contre la Covid-19. Autrement, elle ne craint pas de se faire vacciner et ce depuis sa plus tendre enfance. Mais alors, qu’est-ce qui a poussé cette personne à prendre de tels risques ? Car l’usage de faux pass sanitaires expose les contrevenants à une lourde amende, voire à des peines de prison. Alors que le monde entier fait face à une crise sanitaire sans précédents, les autorités compétentes appliquent la politique de la tolérance zéro.

« Ça s’est passé d’une manière très rapide. On m’a demandé mon nom, mon prénom, une date de naissance et en deux jours vous recevez un mail avec le certificat », expliquait l’acheteur d’un faux certificat Covid. Il est entrepreneur et âgé d’une quarantaine d’années. Nos confrères estiment que la moyenne d’âge des 460 personnes qui utilisent ces faux pass sanitaires à Genève est de 35 ans. Pour l’obtention de son QR code frauduleux, il déboursait 800 francs suisses, soit l’équivalent de 762 euros environ. Et le plus inquiétant, c’est qu’il n’a eu aucun problème à passer inaperçu avec son faux papier. « Je l’ai utilisé pour voyager, pour des rendez-vous d’affaires, dans des hôtels et pour aller au restaurant », disait-il. « Huit cents francs, c’est cher, mais c’était le prix à payer pour une vie normale. »

 

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Une situation inédite pour les institutions judiciaires

Mais « le prix à payer pour une vie normale », c’est celui de la fin de la pandémie. Objeko vous l’accorde, tout le monde ne peut pas se permettre de débourser une telle somme. Et tout le monde n’a pas non plus l’audace de commettre un acte hors la loi. En effet, depuis le début de la crise sanitaire, tout le monde regrette sa « vie normale ». Et c’est en soutenant l’effort du personnel soignant, en respectant les restrictions sanitaires et les gestes barrières que la pandémie reste en contrôle. Si des faux pass sanitaires se mêlent à l’équation, même seulement 400 personnes mettent donc en péril le reste du pays. Mais l’acheteur qui témoigne ne l’entend pas de cette oreille.

Selon lui, cet entrepreneur n’a mis la santé de personne en danger en faisant usage de son QR code frauduleux. « Je voulais attendre un peu. Je suis quelqu’un qui voyage beaucoup donc j’ai fait des vaccins, je suis vacciné depuis petit. (…) pas contre le vaccin, mais pour moi, il n’y avait pas assez de recul »,expliquait-il. Et il assure avoir toujours fait en sorte de respecter les gestes barrières.

 

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Parmi les profils interrogés dans l’enquête de la RTS, certains regrettent tout de même leurs gestes. Notamment parce que c’est devant la justice qu’ils vont devoir se justifier. Et cette dernière ne tolérera pas l’utilisation de faux pass sanitaires, sous aucun prétexte. Mais Objeko ne vous cache pas qu’une affaire judiciaire de cette ampleur sera difficile à mener. Un avocat pénalise, Nicola Meier, s’interroge sur la qualification d’infraction de l’acquisition des faux pass sanitaires. Il faudrait peut-être prouver que le contrevenant en a fait usage pour le condamner.


Julie Bourdin

Julie Bourdin - Rédactrice web passionnée par la culture et par l’actualité. Je me fais un devoir de tenir mes lecteurs informés sur les dernières news.