Grève SNCF : combien touche un cheminot ? un technicien de maintenance dévoile son salaire

A tort ou à raison, ce mois de juillet ne ressemblera à aucun autre. En décidant d'arrêter de travailler, les cheminots ne vont pas se faire des amis parmi les vacanciers. Quelles sont les raisons et les revendications de cette grève SNCF ? On fait le point !

© REUTERS/Stephane Mahe

À peine lancée, la grève SNCF défraie déjà la chronique. Appelé à se justifier sur les ondes de RMC, un cheminot jette un pavé dans la mare.

Les raisons de ce nouvel appel à la grève SNCF

Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de grève SNCF pendant les vacances. En effet, avant de poser leur préavis, les cheminots ont étudié toutes les possibilités. Afin d’alerter l’opinion sur leurs conditions de travail ou bien forcer le ministre à revoir sa copie, il n’y avait pas d’autre choix. Cher lecteur d’Objeko, vous l’avez compris sans qu’on vous fasse de dessin, patienter jusqu’à la rentrée n’était pas envisageable.

Aussi, si vous avez l’attention de voyager en train, pensez à trouver une solution de dernière minute. Location de voiture, avion, bateau, chacun tente de s’organiser comme il le peut. En coulisses, les syndicats ont l’espoir de parvenir rapidement à un accord avec la direction. Il ne faudrait pas que cette grève SNCF se développe pour le moment, les Français sont de leur côté. Or, si ça s’éternise, ils ne leur pardonneraient pas !

Un exemple concret qui fait réfléchir

Sur les plateaux des chaines d’information en continu, on tente de récolter les témoignages des employés de la société ferroviaire. Il y en a un qui fait énormément parler de lui, c’est Clément. Adhérent de Sud-Rail, il est bien entendu en faveur de cette grève SNCF. Par contre, lorsqu’il décrit son parcours, un sentiment de malaise s’installe. Invité chez nos confrères de RMC, il se confie en toute transparence. Entre la nature de son poste ainsi que le montant de sa paie, on saura tout dans les moindres détails !  Engagé en tant qu’ »agent de journée avec un net à 1.333 euros« , il tient à montrer son dernier bulletin de salaire. Comment se fait-il que le « traitement de base est de 1.547 euros » ?

Motivé, Clément accepte de travailler quelques nuits et week-ends. Grâce à ça, il décroche quelques primes lui permettant d’arrondir son salaire à 2 000 euros. Au lieu de nier l’évidence, Clément précise que lui et ses collègues sont ravis quand elles apparaissent. Par contre, au cas de pépin de santé, il lui a impossible de faire des extras. Résultat des courses, passer d’une situation confortable à une paie très faible n’est plus acceptable pour la majorité des cheminots. Pour une fois, cette grève SNCF ne concerne pas la retraite ni les régimes spéciaux, mais le bien le quotidien d’un salarié !

Pour ou contre cette énième grève SNCF ?

En 2007, Nicolas Sarkozy instaurait le service minimum. 7 ans après, l’entreprise serre la vis et choisit de tout « géler« . Cette décision sème le chaos dans les rangs des cheminots. Vu qu’il adore son travail, Clément ne souhaite pas « démissionner [ou] quitter la boite. » Par contre, en discutant avec les uns et les autres, il fait ce constat clair comme de l’eau de roche. « Je comprends que certains collègues se posent la question avec des salaires et une considération aussi faibles« . Donc, sur ce préavis de grève SNCF, ils supplient la direction de contourner la décision de 2014 et de rajouter environ 300 euros.

Après avoir écouté l’avis de cet employé, Objeko donne la parole à Gilles Dansart. Cet expert dans la mobilité n’y va pas avec le dos de la cuillère. À ses yeux, cette grève SNCF mérite notre soutien. Certes, il estime que « toute profession a ses servitudes [pourtant} les leurs sont réelles, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, [toute] l’année. » Au lieu de les résumer uniquement à des « privilégiés » qui peuvent partir plus tôt à la retraite, il espère que le gouvernement écoutera cette grogne. En somme, ils « méritent une rémunération à la hauteur du travail qu’ils [exécutent] et de leur investissement sur la durée« . La suite, c’est dans le prochain numéro d’Objeko !

Merci à nos confrères de RMC