Impôts sur le revenu : le prélèvement à la source est-il une réussite pour les Francais ? Le point ici

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu a été lancé sous Français Hollande et mis en place par Emmanuel Macron. Mais son bilan est mitigé...

© Impots

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu était censé ne présenter que des avantages. Malheureusement, plusieurs années après son lancement, il présente déjà de nombreux inconvénients. On vous explique tout !

On ne pourra pas reprocher à François Hollande d’avoir lancé le prélèvement à la source. A la base, il devait simplifier la vie de nombreux Français. Mais il a également suscité de nombreuses interrogations de la part des foyers français. Cela fait maintenant trois ans qu’Emmanuel Macron l’a mis en place. Et l’on peut déjà avoir assez de recul pour en faire le bilan. Malheureusement, tout ne se passe pas aussi bien que prévu.

Une réforme coûteuse

En effet, la Cour des comptes a analysé la question. Et l’on peut dire déjà que de nombreux inconvénients ont fait surface. En effet, les contribuables ne s’en sortent pas aussi bien que prévu. Si le gouvernement Macron a établi plusieurs bilans sur les réformes fiscales adoptées durant le quinquennat d’Emmanuel Macron, ils ne mentionnent pas le prélèvement à la source. A première vue, cela peut paraître surprenant. Et pourtant, c’est totalement logique. 

Car rien n’a changé dans la méthode de calcul de l’impôt sur le revenu. Ce qui a été modifié, c’est seulement son mode de paiement. Depuis le 1e janvier 2019, les Français sont ainsi ponctionnés directement sur leur salaire chaque mois. Autrement dit, ils sont “prélevés à la source”. Par ailleurs, ce type de paiement de l’impôt prévoit une avance sur les crédits et les réductions d’impôt. Cela signifie que chaque année, mi-janvier, les contribuables concernés bénéficient d’une avance de 60 % des sommes qu’ils ont l’habitude de déduire.

Quand les impôts misent sur la « pédagogie »

Impôts: si le prélèvement à la source simplifie la vie des Français, il présente cependant un inconvénient de taille. Car ce système de paiement n’est pas gratuit ! En effet, son instauration a coûté pas moins de 214 millions d’euros à l’Etat. C’est en tout cas la conclusion de la Cour des comptes. Et ce chiffre ne tient pas compte des augmentations de coûts au niveau des acteurs privés. En effet, les entreprises ont également dû mettre en place ce nouveau calcul. Cela s’est répercuté nécessairement par une adaptation des logiciels de paie.

Quant aux dépenses publiques, elles se divisent en plusieurs catégories : l’investissement au niveau des équipes de la Direction générale des finances publiques. En effet, l’Etat a dû mettre à disposition des contribuables une énorme équipe de communication. Entre 2018 et 2019, la Direction générale des finances publiques a ainsi fait face à 2 millions de mails supplémentaires et 2,7 millions d’appels téléphoniques ! En 2018, le trafic sur le site web impots.gouv.fr a littéralement explosé, avec une augmentation de +39 %. Malgré les efforts publics, le contribuable a eu souvent des réponses beaucoup plus longues à recevoir.

Le rapport détaillé de la Cour des comptes

Impôts: mais il reste un aspect très positif à cette réforme. En effet, les syndicats estimaient notamment que cette réforme aboutirait à un « accident industriel ». Mais rien de tout ça n’a vu le jour. Car l’administration fiscale a misé sur la pédagogie. La Cour des comptes rapporte ainsi que les Français ont très bien adhéré à ce nouveau mode de paiement de l’impôt sur le revenu. Plus de 80 % des foyers préfèrent ce système de paiement à l’ancien et ne souhaiteraient pas revenir en arrière. De plus, les Français sont bien moins nombreux à demander des délais de paiement supplémentaires : ce type de demande a en effet chuté de 55%.

Rien un enjeu de taille : les Français vont devoir actualiser le taux de prélèvement à la source de leur foyer en cas de changement de situation professionnelle ou familiale. A suivre…