Intermarché : l’enseigne à nouveau pointée du doigt par le gouvernement

La grande surface et sa centrale d’achat Auxo seraient, selon l’Etat, à l’origine de pratiques déloyales vis à vis des négociations commerciales. Intermarché ne voudrait pas entendre parler des nouveaux prix proposés par les fournisseurs, pour ne vouloir que des hausses provisoires. Objeko vous donne tous les détails.

© Laurent CERINO/REA-Intermarché : l’enseigne à nouveau pointée du doigt par le gouvernement

Le 21 juillet dernier, la réunion du comité de suivi des relations commerciales, a permis à l’Etat de cibler une grande surface et une centrale d’achat, dont les pratiques sont vraiment problématiques dans « l’application de la charte d’engagement et des dispositions d’Egalim 2 ». C’est clairement Intermarché et la centrale Auxo (commune à Casino et Intermarché) qui sont visés.

Intermarché mène la vie dure à ses fournisseurs

Il est reproché à Intermarché d’utiliser des notes de crédit auprès de ses fournisseurs, l’Etat ayant des raisons de croire qu’elles ne servent qu’à « conquérir de nouvelles parts de marché » tandis que les négociations ont avancé avec d’autres chaines de supermarchés.

 

Le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a saisi la Commission d’examen des pratiques commerciales (CEPC) le 22 juillet car ces pratiques sont considérées comme déloyales.

Des renégociations tendues

Selon le site LSA, Intermarché mettrait beaucoup de temps à accepter de nouveaux prix en augmentation de la part de ses fournisseurs, optant plutôt pour des notes de crédits, ayant pour but d’acheter au tarif du moment avec une revalorisation liée à des éléments conjoncturels comme la guerre en Ukraine. L’objectif est que lorsque le contexte aura changé que le dispositif cesse.

 

Intermarché voulait, le moment venu, revenir alors sur les derniers prix en vigueur mis en place fin 2021/début 2022, alors que les concurrents de la chaine de supermarchés devront appliquer des tarifs renégociés plus élevés. Ces dispositifs ont été dénoncés par le médiateur des relations commerciales parce qu’ils pourraient déstabiliser le marché, et à apporter un avantage concurrentiel.

En cas de saisie de la CEPC, un avis ne serait pas donné avant des mois, le temps d’étudier les contrats entre producteurs, fournisseurs, et distributeurs.

Intermarché : une stratégie qui dénote

Le groupe Casino, associé à Intermarché dans la centrale d’achats, n’apparaît pas comme concerné dans cette affaire, et suit sa politique d’achat et de renégociations. Il est tout de même concerné pour les fournisseurs qui travaillent avec la centrale d’achat.

Car les signatures de contrats avec un industriel nécessitent alors l’accord de Casino et d’Intermarché. Si Intermarché ne veut pas de signer, la signature de Casino n’est pas suffisante pour valider la totalité. Il faut savoir que plusieurs chaines de magasins ont accepté des augmentations notables de prix de la part des fournisseurs face à la hausse des prix.

De nombreux Français ont d’ailleurs du mal à boucler les fins de mois avec la hausse du carburant et des prix de première nécessité. Intermarché pourrait maintenir sa stratégie, qui dénote auprès des ministères. La prochaine réunion du comité de suivi des relations commerciales du 28 juillet, l’activité économique se mettra au ralenti jusqu’à la rentrée. Et les renégociations seront rendues plus compliquées.