Jean-Jacques Goldman : Ce grand drame de sa vie qui ne cicatrise pas

Le chanteur compositeur est encore aujourd’hui la personnalité préférée des français, bien qu’il soit extrêmement discret. Il a en effet quitté la scène médiatique et se contente aujourd’hui de jouer un rôle de compositeur pour d’autres artistes. En 1987, alors qu’il est au sommet, il écrit et interprète la chanson Là-bas, aux côtés d’une chanteuse inconnue, une certaine Sirima. Mais alors que le succès est au rendez-vous, il est surtout à l’origine d’un drame terrible, celui de la mort de sa protégée, deux ans plus tard. Retour sur cette histoire qui a marqué pour toujours Jean-Jacques Goldman.

Jean-Jacques Goldman: Qui était son demi-frère, tué en pleine rue à 35 ans?
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Jean-Jacques Goldman, le chanteur qui a quitté la scène

Pendant des années, Jean-Jacques Goldman fait de la scène sa maison. Des milliers de fans vont le voir, chantent avec lui ses tubes qui se comptent par dizaine. Il écrit aussi (et surtout) pour les autres. Céline Dion lui doit ses plus gros succès francophones. Et depuis plus de dix ans, Jean-Jacques Goldman a déserté. Il vit toujours de la chanson puisqu’il compose pour d’autres. Et si les rumeurs quant à un éventuel retour ressurgissent chaque année, il vit toujours à Marseille, loin des projecteurs

Il faut dire que le chanteur sait que le succès et la notoriété ne s’accompagne pas que de belles choses. Sa vie en est le témoin, et notamment une chanson, sans doute l’une de ses plus célèbres. On parle de Là-Bas, le tube qu’il a interprété aux côtés de Sirima, une jeune femme qui n’avait connu que le métro parisien comme scène, avant que la star ne lui fasse confiance pour l’accompagner sur ce duo qui est depuis entré dans l’histoire de la chanson française. 

Là-bas, le tube qui a révélé Sirima au grand public 

Pour Jean-Jacques Goldman, sa chanson Là-bas traite « le besoin d’évasion et le dilemme entre un renouveau vital et la perte des siens ». Il choisit Sirima pour l’accompagner, une chanteuse britannique d’origine sri-lankaise qu’il rencontre par le biais de Philippe de Lacroix-Herpin, son saxophoniste. Il tombe sous le charme de cette jeune chanteuse de rue. Et le succès est au rendez-vous. Pendant quatre semaines, la chanson est numéro 2 des ventes et s’écoule à plus de 600 000 exemplaires. De quoi conforter le statut de star de Jean-Jacques Goldman et lancer la carrière de Sirima. 

La jeune femme ne compte pas s’arrêter là et sort deux ans plus tard son premier album, A part of me. A cette époque, Sirima est en couple avec Kahatra Sasorith, un artiste qui l’aime, mais qui l’aime mal. Incapable de se réjouir du succès de sa compagne, la jalousie le ronge. Il craint que Sirima ne le quitte pour un chanteur à succès, qu’elle se détourne de lui. Pour être certain d’être son seul et unique amour, il s’empare un soir d’une arme blanche et tue Sirima de plusieurs coups de couteau. Reconnu coupable, il est condamné pour meurtre et immédiatement expulsé du territoire français. 

Cette disparition laisse Jean-Jacques Goldman anéanti. Il décide, non pas de ne plus jamais interpréter la chanson sur scène, mais de laisser le public chanter les parties de Sirima. Une belle manière de rendre hommage à une artiste complète qui aurait sans doute eu une carrière longue et brillante. Son destin brisé a évidemment marqué à vie le chanteur, proche de la jeune femme, et à l’origine de son incroyable succès. 

Sirima se livre en musique et raconte son quotidien difficile 

Si elle a peur de la lumière des projecteurs et refuse de signer avec des maisons de disque après le succès retentissant de la chanson Là-Bas, Sirima signe tout de même un premier album. Elle laisse dans ses chansons des indices sur les violences qu’elle subit. « Il me frappe lorsqu’il ne trouve pas les mots » chante-t-elle dans la chanson His way of loving (Sa manière de m’aimer). Avec le recul, cela sonne comme un appel à l’aide, un appel qui n’aura malheureusement pas été entendu. 

La jeune femme se sera servi de son art pour parler de ses problèmes, de ses peurs, de ses angoisses, comme la plupart des artistes. On imagine que Jean-Jacques Goldman a également mis par écrit les émotions qu’il a ressenties suite à la mort de Sirima. Il vit son deuil en silence depuis et conserve en lui les souvenirs sans doute très forts de cette collaboration qui a marqué l’histoire de la chanson française.


Pierre Lacoste

Passionné par l'écriture, je me suis tourné vers le métier de rédacteur web en 2018 après plusieurs années d'expérience pour plusieurs blogs. Les médias, la télévision, le sport et le cinéma n'ont aucun secret pour moi et j'aime faire partager mes passions aux lecteurs.