Les compteurs Linky virent au cauchemar, la terrible nouvelle vient d’arriver, voici à quoi vous attendre !

Celui qui est présenté comme un outil pour la transition écologique ne fait pas l'unanimité. Mais si, aujourd'hui, 90% des clients sont équipés, les 10% restants risquent d'avoir une bien mauvaise surprise.

©PAR ROMAIN POMIAN-BONNEMAISON

Compteur Linky : l’heure est encore aujourd’hui à la méfiance

Pourquoi un tel compteur est-il à l’origine de tant de débats ? Pour quelles raisons des français s’opposent-ils avec ardeur à en avoir un chez eux ? Pourquoi est-il surnommé Big Brother par certains, en référence au roman 1984 de George Orwell ? Entre 2012 et 2016, Aude Danieli, sociologue et docteure à l’Université Paris Est Marne-la-Vallée, rencontre 130 personnes qui se positionnent en faveur ou en opposition. Pourquoi ? Car ces sujets de débats deviennent son sujet de thèse. Dans une interview donnée à Capital, elle explique pourquoi ce petit compteur fait si peur.

Tout commence, selon elle, dès 2010, avec les premières installations. Certains ménages, du fait de dysfonctionnement, voient leur facture augmenter, voire exploser. Et forcément, le traitement médiatique a eu une conséquence majeure : « C’est cette vision négative qui a fini par s’imposer dans toute la France« .

Plus que les citoyens, ce sont surtout les associations qui font du bruit. Depuis 2010, elles luttent contre les compteurs Linky, pour diverses raisons selon les organismes : « Bien plus que les clients eux-mêmes, ce sont les associations qui ont mené – et qui mènent encore – la bataille. La question de la santé, par exemple, a été portée par les organisations anti-ondes comme Robin des Toits ou Next-up« .

Compteur Linky : des ondes à la protection de la vie privée

Il ne faut pas oublier les associations qui reprochent au compteur de ne pas respecter la vie privée des clients. Elles font énormément de bruit et forgent, avec le temps, une mauvaise réputation au compteur. Ce qui peut paraître, avec le recul, une ironie digne d’un film quand on sait que l’immense majorité des français ont un téléphone portable. Or, la protection des données est loin d’être assurée.

« Mais le succès indéniable de la mobilisation tient surtout au fait que le nouveau compteur vient percuter des problématiques très sensibles dans l’opinion : qu’est-ce que la liberté dans une société de surveillance où les données personnelles risquent à tout moment d’être piratées ? Comment protéger notre santé face au déferlement d’objets communicants, dont on ne maîtrise pas toujours les effets à long terme sur les organismes ?« , se questionne Aude Danieli.

Elle tient cependant à mettre en évidence que certaines informations relayées… sont des fake news. Non, les compteurs Linky ne prennent pas tous feu, ils ne diffusent pas des ondes mortels. « Mon analyse, c’est que les opposants au Linky qui diffusent de fausses informations à son sujet n’y croient pas forcément. Ce à quoi ils adhèrent, c’est à l’indignation« . Certains faits relatés par les associations sont dignes d’un film de science-fiction : « Faire croire, par exemple, qu’une caméra est cachée dans le compteur permet de poser de façon efficace et spectaculaire la question de la protection de la vie privée« .

Les opposants au compteur… vont devoir payer !

Aujourd’hui, 90% des clients sont équipés d’un compteur Linky. Le projet entre donc dans une nouvelle phase, « à la fois d’exploitation et de déploiement diffus sur les 10% du parc de compteurs d’Enedis encore équipés de compteurs ancienne génération« .

Dans le cadre de cette nouvelle phase, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a mené entre novembre 2021 et janvier 2022 une consultation publique. Son but ? « Définir le nouveau cadre de régulation incitative qui s’appliquera au projet Linky jusqu’en 2024« . L’une des mesures avancées risque de faire parler. En effet, il s’agit de faire payer les surcoûts engendrés par les clients qui refusent la pose du petit boîtier.

Pourquoi une telle mesure ? Car le relevé des index de consommation chez les personnes qui ne veulent pas d’un compteur Linky (et qui ne communiquent pas leur index) représente un coût pour Enedis. En effet, le gestionnaire doit procéder lui-même aux relevés de compteurs.

La CRE considère que l’ensemble des clients qui empêcheraient encore la pose d’un compteur Linky durant cette phase de déploiement diffus doivent supporter les surcoûts générés”. Dès lors, les consommateurs seront facturés tous les deux mois. Jusqu’à ce qu’ils acceptent l’installation d’un compteur Linky, du mois. Ainsi, la CRE a fixé la somme à 8.30 euros, tous les deux mois.