Marc Lavoine et Line Papin : que s’est-il passé après la fausse couche et l’avortement ?

Dans son livre intitulé 'Une vie possible', Line Papin se révèle comme jamais et apporte un éclairage personnel sur certains moments marquants de sa vie. Avec son mari, Marc Lavoine, elle a affronté des épreuves qui l'ont marqué, comme sa fausse couche, suivie par la suite d'un avortement. Elle se confie sans détour sur les conséquences qu'ont eu ces événements sur sa vie de couple.

© JP PARIENTE/SIPA

Line Papin: Le choix difficile de l’avortement 

Grâce à cette autofiction, la femme de Marc Lavoine peut faire le point sur sa vie, et les deux évènements récents que sont la fausse couche, et l’avortement. Dans Femme Actuelle, elle explique pourquoi elle décide de prendre les cachets pour stopper sa grossesse : « Quand on a désiré une grossesse qui s’interrompt, il semblerait naturel d’en mener à bout une seconde. Mais quand je suis retombée enceinte un an plus tard, j’ai eu la sensation que la réalité n’était plus prête à accueillir mes désirs anciens, mon rêve de maternité. Les circonstances n’étaient plus les mêmes. Il y a eu tant de chamboulements en moi, tant de blessures, que ce n’était plus le moment« . 

S’il faut attendre le 3 mars pour découvrir en librairie l’oeuvre de la jeune femme, elle fait actuellement la tournée des médias, et parle de ce sujets avec pudeur, mais honnêteté. « Mon corps attendait que les médicaments fassent effet. Mon esprit n’était plus relié à mon corps, plus concerné par ce qu’il se passait en lui.« 

 

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La volonté de quitter son appartement 

Alors qu’elle vit avec Marc Lavoine et ses enfants (quand il en a la garde), Line Papin décide de quitter les lieux. Elle se trouve « un petit appartement au quatrième étage d’un immeuble ancien sans ascenseur ». Marc Lavoine ne l’empêche pas de quitter le foyer conjugal : « J’ai besoin d’être seule, ai-je expliqué à mon mari et il ne m’a pas posé de questions, il a compris« . Elle explique pourquoi elle ne pouvait plus vivre dans cet appartement : « J’ai besoin de partir de notre appartement, à cause de cette chambre destinée aux enfants jamais nés, avec ce néon rose, life is beautiful, à cause des autres chambres d’enfants, celles de ceux qui sont nés, mais pas de moi, à cause des rêves, à cause des déceptions….« 

En plus de la distance physique, s’est finalement « un grand silence » qui prend place entre les deux époux. Cette épreuve est en effet vécu si personnellement par chaque parti qu’il est facile, sans le réaliser, de s’éloigner, en se murant dans le silence : 

« On ne parle pas de ce qui s’est passé et ce silence dans nos cœurs ressemble au recueillement (…). J’écris que mon mari ne m’en a plus parlé ensuite. Par pudeur, par peur de remuer des choses, m’a-t-il dit, pour ne pas revenir sur ce qui nous a fait mal, explique Line Papin. Il allait devenir de nouveau père, son identité allait s’épaissir, puis ça n’a plus été le cas. Lui aussi a été amputé d’un rêve. »

 

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Le poids de la société 

« J’explique dans le livre que je me suis mise à écrire sur l’avortement parce que j’ai rencontré un sentiment de culpabilité à l’intérieur, un silence à l’extérieur. L’un s’ajoutait à l’autre pour conformer une forme de honte. […] Faire une fausse couche ou avorter est considéré comme un échec. Alors qu’il est peut-être possible de regarder les choses d’une autre manière. C’est ce que j’ai voulu faire dans ce livre en tout cas. Ne pas considérer la fausse couche et l’avortement comme une fin en soi, mais comme le début d’un questionnement qui va vers la vie.« 

Line Papin montre ainsi le poids qu’a la société sur ces femmes qui subissent des fausses couches ou qui prennent la décision très difficile d’avorter. Sa prise de position peut, on l’espère, aider d’autres femmes à ne pas s’écrouler sous le poids de la culpabilité. L’écriture lui permet justement de faire son deuil : « Le changement a été grand. Je suis passée du personnage de la femme qui va avoir un enfant à la figure de la femme seule, artiste. Je l’ai vécu comme une plage de silence nécessaire. Il fallait ce lieu, cet espace à soi de l’écriture sans tout le reste pour pouvoir faire le deuil ».