PPDA accusé de « viols ou harcèlement », l’une des accusatrices se confie et se livre comme jamais

Le Journal Libération dévoilait ce 9 novembre les visages de sept femmes qui toutes accusent Patrick Poivre d'Arvor d'agressions ou harcèlement. L'une des accusatrices, Cécile Delarue, journaliste de 43 ans, a accepté de se confier sur leur combat et leur "solidarité féminine".

© LP/Adeline Daboval

Ce mardi 9 novembre, le journal Libération consacrait son dossier du jour à l’affaire PPDA qui défraie la chronique depuis quelques mois. Dans le quotidien, les lecteurs ont d’ailleurs pu découvrir le témoignage de huit femmes qui accusent l’ancien présentateur du JT, soit d’abus envers d’elles soit de harcèlement. Objeko vous en dit plus aussi bien sur le cœur du dossier que sur le mouvement que les présumées victimes ont décidé de lancer.

PPDA : Libération affiche le visage de 8 femmes qui se disent victimes de l’ancien journaliste

Un classement sans suite

Depuis les déclarations de Florence Porcel au début de l’année qui dénonçait PPDA pour des faits d’agression, cette histoire a fait couler beaucoup d’encre dans la presse. Si la plaignante attendait avec impatience une décision de justice, le parquet de Nanterre a néanmoins décidé de classer l’affaire sans suite le 24 juin dernier. Une véritable déception pour l’écrivaine qui affirme pourtant que l’homme de médias a bien abusé d’elle.

Cependant, de son côté, PPDA continue de nier les faits. Dans l’émission Quotidien, il mettait d’ailleurs quiconque au défi de venir lui dire « les yeux dans les yeux » avoir commis le moindre acte répréhensible. Toutefois, malgré ces dénégations et la décision de justice, ces huit femmes semblent toujours très motivées à l’idée de continuer leur combat. Raison pour laquelle Libération a choisi de leur donner une nouvelle fois la parole après avoir également eu accès au dossier d’enquête de la brigade de répression de la délinquance aux personnes. Des présumées victimes qui livrent donc leur témoignage contre le comportement systématiquement abusif PPDA envers les femmes.

À l’origine d’une association

Dans ce dossier qui concerne PPDA, ces huit femmes ont effectivement décidé de s’unir pour créer le mouvement #MeTooMédias. Une manière pour Muriel Reus, Emmanuelle Dancourt, Stéphanie Khayat, Hélène Devynck, Cécile Thimoreau, Aude Darlet, « Chloé » et Cécile Delarue de continuer à mener leur combat. Dans cet article de Libération, elles acceptent de répondre aux questions des journalistes. Elles évoquent ce dossier qui démontre selon elle à quel point la question des abus envers les femmes est toujours tabou en France. D’ailleurs, il n’a pas été facile de s’attaquer à une icône de la télévision comme le rapporte l’une des plaignantes dans ce dossier.

En effet, révéler les présumées agressions commises par PPDA a été très compliqué selon Cécile Delarue comme elle le confiait à nos collègues de Nice-Matin dans un entretien exclusif : « Bien sûr. C’est comme une triple peine. Il y a ce qui t’es arrivée. Ensuite, il y a la difficulté d’en parler et de demander justice. Et dans notre cas, il y a en plus le fait que cette personne était célèbre et que tout serait scruté sous l’angle du ‘Elles font ça parce qu’elles veulent être reconnues’. Mais qui a envie d’être reconnue pour cela ? Au contraire, on se met en danger professionnellement. On m’a longtemps dit : Tu vas te griller, tu n’as rien à gagner’. Et c’est d’autant plus difficile pour les personnes qui travaillent encore dans le groupe TF1, où peuvent être amenées à le faire ».

 

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Une rencontre aux lourdes conséquences

Pour ces femmes qui se disent victimes de PPDA, la révélation de cette affaire n’a donc pas été une chose facile. D’ailleurs, le journaliste de Nice-Matin demande à Cécile Delarue si cela a influencé sa carrière. « C’est étrange de parler de séquelles, mais je pense que le fait d’avoir dû travailler sous la coupe d’un tel personnage dès le début de ma carrière a bien sûr donné un fil à ma façon de voir le monde professionnel. Comme toutes les femmes de ma génération, j’ai fait avec ».

Un combat de tous les jours

Pour elle, il aura donc fallu apprendre à ruser : « Louvoyer malgré les embûches de ‘dragueurs lourds’ et autres ‘Il pense que les filles peuvent pas bosser comme les hommes, mais il est sympa’ pour continuer à faire mon boulot. Ce n’était que le début. On se construit une carapace. On se dit que ça va, on gère. Mais je pense à toute l’énergie que mes consœurs et moi ont dû développer à tenter d’éviter ces embûches. (…) ».

 

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En tout cas, pour toutes ces présumées victimes de PPDA, l’espoir de voir les mentalités changer fait partie de leur plus grande motivation aujourd’hui : « Il est temps que les temps changent. Cela fait quatre ans que le phénomène #MeToo a bouleversé le monde et ce n’est que maintenant que notre histoire est connue et entendue. Bien sûr que cet homme n’est pas le seul, bien sûr que cela continue. Nous aimerions partager ce qu’on a pu comprendre du système avec d’autres femmes, ou même des hommes, qui ont pu subir des comportements inacceptables. Comme le formidable mouvement de Marie Portolano et des journalistes sportives a pu le montrer. Il y a un énorme problème dans les médias et nous avons le devoir de montrer l’exemple. Ça suffit ».