Salaires : 85% des branches professionnelles à nouveau en dessous du SMIC

La hausse mécanique du Smic au 1er mai, fait monter la pression sur les entreprises...

©par Martine Fuxa
La hausse mécanique du Smic au 1er mai, en raison de l’inflation, n’est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. Elle va provoquer un effet néfaste sur la rémunération des salariés de certaines branches. Ne vous inquiétez pas, la rédaction d’Objeko, va tout vous dire sur le sujet. Vous êtes prêts ?

Une hausse du SMIC qui n’arrange pas tout le monde

Après la traditionnelle augmentation du 1er janvier, le SMIC a été de nouveau augmenté ce 1er mai 2022. Avec cette deuxième augmentation en un an, le salaire minimum de croissance net mensuel passe de 1 269 euros à 1 302 euros. Soit un gain net de 34 euros mensuel. Mais si généralement, cette hausse devrait avoir pour but d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés, ce n’est pas toujours le cas. En effet, cette dernière revalorisation de 2,65% va provoquer un effet néfaste sur la rémunération des salariés de certaines branches.

Mais pourquoi ? Et bien, c’est très simple. La revalorisation provoquera un écrasement des premiers niveaux hiérarchiques dans toutes les branches dont les minima conventionnels démarrent en dessous du nouveau taux horaire du salaire minimum, fixé à 10,85 euros. En tout, ce sont pas moins de huit échelons de la fonction publique en catégorie C, et deux échelons de la catégorie B, qui vont être impactés. Dans le privé, 146 branches de 5.000 salariés ou plus, soit 85 % d’entre elles, seront concernées.

Une négociation en cours

Pour rappel, à la mi-avril, à la suite de la précédente revalorisation de 0,9 % intervenue le 1er janvier, 62 étaient sous le SMIC et 109 au-dessus. Parmi elles, on peut citer la chimie, le bricolage, l’esthétique, l’habillement ou encore l’ameublement. Mais il faut savoir qu’en France, aucun employeur ne peut payer un salarié en dessous du SMIC, c’est interdit par la loi. Alors, comment les entreprises vont-ils faire pour compenser ? C’est ce que nous allons voir.

Les grilles de salaires peuvent bien afficher des coefficients sous le SMIC. Mais, dans ce cas, l’employeur a l’obligation de combler l’écart pour qu’in fine, le salarié touche bel et bien au minimum un SMIC. Cela peut notamment passer par le versement de primes en plus du salaire fixe. D’ailleurs, certaines branches ont déjà prévu de négocier plusieurs fois dans l’année une revalorisation des salaires pour tenter de compenser un tel écrasement. Reste à savoir ce que ça va donner.

Les aides sociales augmentent aussi

Outre la revalorisation du SMIC, les Français verront également les aides sociales augmenter. En effet, dès le 5 mai prochain, la prime d’activité, le revenu de solidarité active (RSA), le revenu de solidarité (RSO) mais aussi l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et la prochaine allocation de rentrée scolaire vont tous être augmentés de 1,8 %. Par exemple, la prime d’activité passe ainsi de 553,71 euros en 2021 à 563,68 euros en 2022, pour une personne seule sans enfant. Le RSA, lui, se trouvera désormais 575,52 euros, contre 565,34 euros. Alors, ce n’est pas énorme, mais c’est déjà ça de pris en ce moment. N’est-ce pas ?