Hubsan H109S X4 Pro : notre test & avis, le bon compromis ?

Après les mini-drones de Parrot, nous passons à la vitesse supérieure avec le test d’un quadricoptère chinois efficace et abordable, le H109S X4 Pro de chez Hubsan.

Prix et spécifications

Le Hubsan X4 Pro est commercialisé sur le site Gearbest à partir de 335€, un prix relativement abordable pour un engin de cette taille. Sachez qu’il est décliné en trois versions :

  • Low Level (ou Standard) avec une nacelle 1 axe
  • Mid Level (ou Advanced) avec une nacelle 3 axes
  • High Level (ou Pro) avec la nacelle 3 axes et une radiocommande à écran tactile + un parachute de secours

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Pour ce test, j’ai bénéficié de la version basique, soit la Low Level. L’engin possède les mêmes caractéristiques que ses comparses plus onéreux, à la différence prêt que la nacelle pour la caméra ne pivote que sur un seul axe. Le modèle le plus évolué avec sa télécommande à écran tactile coûte environ 688€ en import. Si vous passez par des revendeurs français, le prix passe au-dessus de 1000€. Ouch !

Le Hubsan H109S est un très beau drone, abordable et simple d'emploi.

Le Hubsan H109S est un très beau drone, abordable et simple d’emploi.

Mais passons donc à ce qui nous intéresse. Pour moins de 400€, le H109S est doté de bonnes spécifications, à commencer par sa taille : 40 cm de diagonale entre les moteurs qui sont de type brushless de 1000 KV. Ils sont suffisamment costauds cependant pour faire voler les 1115 grammes de l’engin à vide (1370 grammes avec la nacelle caméra et les carènes de protection). Il sera donc impératif de le faire enregistrer sur Internet afin de se conformer à la loi dès 2018, le multirotor pesant plus de 800 grammes.

La vidéo est transmise via l'antenne sur la bande 5.8 GHz.

La vidéo est transmise via l’antenne sur la bande 5.8 GHz.

Doté d’une batterie LiPo 3S de 7000 mAh, le Hubsan X4 est dirigé par une radiocommande 2.4 GHz dotée d’un écran LCD pour le retour vidéo (5.8 GHz). Son intérêt premier est donc les vols FPV, une caméra basique étant fournie dans la boite. Le H109S intègre un GPS qui permet de bénéficier de la fonction RTH (Return To Home), du mode Headless ainsi que la stabilisation automatique en vol stationnaire (GPS Hold). En revanche, il n’est pas suffisamment évolué pour proposer un évitement automatique des obstacles, ni même de mode Follow Me.

Télécommande

L’avantage du H109S est qu’il est RTF, la télécommande adaptée est donc incluse dans la boite. Elle comporte un écran LCD OSD qui affiche ainsi  de nombreuses informations télémétriques : altitude, distance par rapport au point de départ, coordonnées GPS, etc… Ce contrôleur utilise les fréquences à 2.4 GHz sur 7 canaux. Le constructeur indique une portée jusqu’à 1 km. Je ne suis pas allé aussi loin lors de mes tests, mais je n’ai jamais constaté le moindre problème de perte de contrôle.

La télécommande possède un écran LCD qui affiche la télémétrie et le retour vidéo de la caméra embarquée.

La télécommande possède un écran LCD qui affiche la télémétrie et le retour vidéo de la caméra embarquée.

Afin d’obtenir un retour vidéo, la télécommande Hubsan utilise une antenne plate qui surfe sur la plage de fréquence 5.8 GHz. L’image est bonne et ne souffre pas trop de parasites tant qu’on reste en terrain bien dégagé. Dommage que l’écran ne soit pas plus lumineux. L’utilisation du cache sera indispensable sous peine de ne plus rien voir. Notez aussi que la télécommande peut s’utiliser en mode 1 ou 2 selon vos préférences. Elle est aussi dotée de quatre boutons pour le trim, ainsi que quatre interrupteurs : mode Headless, GPS Hovering, RTH et… rien du tout, le dernier switch ne sert à rien. Deux molettes sont présentes et servent à l’orientation de la nacelle. Sur le modèle Low Edition, seule la molette de droite fonctionne pour gérer l’inclinaison de la nacelle 1 axe. Pour terminer, on a quatre boutons sous l’écran pour se déplacer dans les menus de paramètres ou ordonner à la caméra de prendre une photo en vol.

L'écran LCD permet d'obtenir les relevés télémétriques du drone.

L’écran LCD permet d’obtenir les relevés télémétriques du drone.

Bien qu’agréable à utiliser, la télécommande de Hubsan a un gros défaut : son alimentation. Elle fonctionne avec des piles et en demande pas moins de 8 ! Si vous volez régulièrement, la facture va vite devenir salée, même avec des piles rechargeables… La meilleure solution reste donc de remplacer tout ça par une batterie 3S avec un connecteur BEC JST. On en trouve à 10€ environ sur le Net, ce qui sera un bien meilleur investissement à long terme.

Caméra

Drone FPV oblige, Hubsan fourni une caméra ainsi que sa nacelle dans le paquet. Ne vous attendez pas à la même qualité qu’une GoPro, on reste dans de l’entrée de gamme. On a donc un capteur 3 MP qui film en 1080p à 30 fps. Elle est dotée d’une batterie de 650 mAh et d’un port mini-USB pour se connecter au drone et bien évidemment au PC afin de récupérer vos vidéos. La caméra n’a pas de mémoire interne, l’utilisation d’une carte micro-SD sera indispensable pour stocker vos prises de vue. Sur la face avant, elle est dotée d’un bouton d’alimentation et un autre pour l’enregistrement. Vous pouvez néanmoins contrôler l’enregistrement via la télécommande.

La caméra est fournie dans le pack, ce qui est toujours appréciable.

La caméra est fournie dans le pack, ce qui est toujours appréciable.

 

Sur la Low Edition, la nacelle ne pivote que sur un seul axe.

Sur la Low Edition, la nacelle ne pivote que sur un seul axe.

La fixation sur la nacelle stabilisée se fait en quelques secondes, la caméra étant fermement maintenue dans un panier et par une barre à l’avant. Les vidéos Full HD sont plutôt correctes, mais les couleurs ont parfois tendance à virer dans des teintes trop vives. Il n’y a pas non plus de stabilisation numérique. C’est bien pour commencer, mais avec le temps il sera préférable d’investir dans des appareils de meilleure qualité. Certains utilisateurs ont ainsi rapporté qu’ils ont pu utiliser des GoPro Hero 4 et 5 sans problème sur la nacelle du H109S. La nacelle fait d’ailleurs correctement son boulot, dommage qu’elle ne pivote que sur un axe. C’est en même temps de cas sur la plupart des multirotors dans cette gamme de prix. Je n’ai ainsi pas constaté d’effet Jello, ni trop de tremblements. Le seul défaut de cette nacelle est que le servomoteur continue de forcer alors qu’il est en butée. Afin de ne pas l’abîmer, il faut donc redescendre légèrement le pitch quand on atteint la limite.

Prise en main

Il est maintenant temps de passer à la pratique ! Enfin, avant ça, il faut quand même mettre en place les hélices. Ce sont des bi-pales, il y en a huit dans la boite (4 CW et 4 CCW). La notice en anglais explique comment les visser sur les axes. Elles sont auto-bloquantes, l’installation est donc très simple.

Les hélices sont auto-bloquantes. Les moteurs brushless font 1000 KV.

Les hélices sont auto-bloquantes. Les moteurs brushless font 1000 KV.

Une fois sur le lieu du vol, il faut procéder au calibrage de la boussole magnétique. Celle-ci se trouve sur le bas du patin. Pour la calibrer, c’est là aussi très simple : on fait d’abord tourner le H109S sur lui-même trois fois environ, puis à la verticale. A chaque étape correctement réalisée, la télécommande l’indiquera. Il suffit ensuite d’attendre quelques secondes que le module GPS capte au moins les signaux de 6 satellites. Lors de mes essais, j’obtenais 10 signaux sans problème. Quand tout est prêt, les LED sous les bras s’illuminent en bleu et vert, vous pouvez lancer les moteurs !

La boussole magnétique est située dans le patin. Il faut veiller à la calibrer à chaque vol.

La boussole magnétique est située dans le patin. Il faut veiller à la calibrer à chaque vol.

 

Le H109S possède plusieurs séries de LED et reste ainsi conforme à la loi.

Le H109S possède plusieurs séries de LED et reste ainsi conforme à la loi.

L’allumage s’effectue en inclinant les joysticks gauche et droite en bas à gauche et en bas à droite respectivement. Les moteurs se lancent immédiatement. Il n’y a pas de bouton de décollage automatique, il faut donc procéder à cette étape soi-même. Le quadricoptère de Hubsan est relativement nerveux et répond au quart de tour. Certes, ce n’est pas aussi rapide qu’avec un drone de course, mais il y a déjà de quoi se procurer quelques sensations fortes (et c’est tant mieux). Une fois en l’air, le drone se stabilisera tout seul si vous gardez le switch GPS Hold sur ON. Malgré quelques écarts, il reste plutôt stable. J’ai vraiment apprécié sa résistance face aux rafales de vent, lors de certains vols celui-ci soufflait à plus de 40 km/h et malgré ça je n’ai pas constaté de gros dérapages.

Le Hubsan H109S X4 Pro est très agréable à piloter.

Le Hubsan H109S X4 Pro est très agréable à piloter.

Si vous voulez vraiment profiter du H109S au mieux, il suffit de désactiver le mode GPS Hold. Le drone permet alors des accélérations bien plus puissantes et des pointes de vitesse assez impressionnantes. Le pilotage demandera alors plus de doigté et de finesse. Ce mode (nommé Altitude Hold) s’adresse avant tout aux pilotes avec pas mal de vols derrière eux. Il ne permet cependant pas de cascades, on reste avant tout sur un modèle qui privilégie les vols calmes pour faire des prises de vue aériennes.

Une fois le vol terminé, vous pourrez soit utiliser le mode RTH et laisser le Hubsan revenir au bercail comme un grand ou faire un atterrissage manuel. Je dois d’ailleurs avouer que les atterrissages en mode RTH sont parfois assez erratiques. En effet, le quadricoptère a parfois tendance à redécoller alors qu’il vient pourtant de toucher le sol de manière impeccable. Heureusement, ça ne se produit pas à chaque fois, mais pour ma part il s’est retrouvé lors d’un essai le nez par terre (cf vidéo de présentation). Les moteurs n’ayant pas de sécurité, il faut donc vite se ruer sur les commandes afin de couper les moteurs en catastrophe. De quoi procurer quelques sueurs froides aux débutants.

Malgré tout, j’ai pris beaucoup de plaisir à faire voler le Hubsan H109S. Il permet pas mal d’erreurs en mode GPS Hold, même en pilotant comme une brute. Seuls les atterrissages demanderont de vraies précautions.

Autonomie

Le Hubsan X4 H109S est doté d’une batterie 3S plutôt conséquente de 7000 mAh. Celle-ci lui accorde une autonomie d’environ 25 minutes en vol par temps calme. Il y a donc de quoi bien s’amuser et faire de beaux vols sans regarder la montre en permanence. La recharge s’effectue par le biais du chargeur inclus. Celui-ci comporte des ports pour la prise d’équilibrage et deux adaptateurs : un BEC JST et un XT60. Comptez environ 3h pour une charge complète, l’idéal est donc d’investir dans une ou deux batteries de rechange pour les sorties de longues durées.

La batterie de 7000 mAh offre une bonne autonomie.

La batterie de 7000 mAh offre une bonne autonomie.

Pièces de rechange

Un accident peut vite arriver, peu importe le niveau du pilote. Hubsan fourni 4 hélices de rechange dans la boite, ce qui est un bon début. Il va falloir ensuite fouiller sur le net pour trouver le reste. Gearbest propose quelques pièces sur son site :

Les prix restent relativement bas tant que vous passerez par de l’import. A vous de voir si vous préférez un coût moindre mais une livraison longue, ou l’inverse.

Conclusion

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8.5 Total Score
Un multirotor performant et abordable

Je dois avouer que le Hubsan H109S X4 Pro m'a particulièrement séduit. Il est rapide à prendre en main, ne demande pas de grosses connaissances et permet de découvrir les vols FPV en douceur. Il possède une bonne autonomie et se révèle très stable face aux rafales de vent. Certes, la caméra 1080p fournie est plutôt légère, il ne propose pas de mode Follow Me ou encore de vol automatisé, mais pour ce prix il a déjà le minimum syndical. Son plus gros défaut est la gestion assez aléatoire des atterrissages en mode RTH. Si vous avez un peu d'expérience de vol, le Hubsan H109S sera une bonne transition entre les mini-drones et des appareils de plus gros calibre. On recommande !

PROS
  • Rapport qualité/prix
  • Package très complet
  • Vif et nerveux en mode Altitude Hold
  • Quelques aides au pilotage, mais pas trop
CONS
  • Atterrissages automatiques parfois mal gérés
  • Qualité de la caméra passable
  • Le servomoteur de la nacelle qui force en butée
  • Ecran LCD de la télécommande pas assez lumineux
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