Une ex-députée atomise Jean-Michel Blanquer « paranoïaque » et Edouard Philippe « odieux « …

A quelques jours des élections, Frédérique Dumas décide de sortir un livre écrit à la mitraillette. Elle décide de faire honneur au titre qu'elle a choisi, «Ce que l’on ne veut pas que je vous dise. Récit au cœur du pouvoir». Tout le monde y passe, du président à son ancien premier ministre Edouard Philippe. Un livre qui fait grand bruit en coulisse et qui risque de beaucoup faire parler de lui dans les jours à venir.

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Emmanuel Macron, un brut ? 

Jean-Michel Blanquer: Frédérique Dumas quitte la macronie en 2018. Elle rejoint les rangs de l’UDI et appelle, aujourd’hui, à voter pour le candidat EELV Yannick Jadot, qui ne parvient pas à s’imposer face aux poids lourds de cette élection. Mais si l’ancienne député LREM a quitté son parti, les souvenirs qu’elle a des jours en son sein sont restés ancrés en elle. C’est pourquoi elle a décidé de prendre sa plume pour sortir un livre racontant les coulisses du pouvoir. Et visiblement, le maître-mot n’est pas la langue de bois. Bien au contraire. C’est avec une mitraillette à chaque main que Frédérique Dumas écrit ce livre qui sort à une date bien choisie : quelques jours seulement avant le premier tour des élections. De quoi inquiéter Emmanuel Macron, le président sortant ?

Car le mari de Brigitte Macron n’est pas épargné. Elle dénonce dans son ouvre sa « brutalité« , tout comme son « manque d’imagination« . Elle lui reproche notamment de « saper méticuleusement tous les contre-pouvoirs« . Bienvenue en politique sommes-nous tentés de dire. 

Au moment de son départ, en 2018, elle s’était expliqué auprès des journalistes du Parisien pour expliquer les raisons qui l’ont poussé à quitter le parti : « Travailler dans l’espoir d’être écouté, voire entendu, faire bouger les lignes est tout simplement impossible avec l’exécutif et compliqué avec le groupe. Même donner un avis est vu comme une fronde s’il n’est pas conforme« .

 

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Jean-Michel Blanquer: Toute la macronie en prend pour son grade

Si Emmanuel Macron est visé, il n’est pas le seul. Le porte-parole du gouvernement est également critiqué par l’ancienne député, tout comme Aurore Bergé, la présidente adjointe du groupe à l’Assemblée. Ils sont dépeints comme des « Underwood junior », en référence au couple de politiques dans la série américaine produite par Netflix House of Cards. Dans le show, le couple va jusqu’à assassiner une journaliste pour conquérir le pouvoir. Une comparaison qui ne risque pas de plaire aux principaux intéressés. 

Quant à Edouard Philippe, elle n’y va pas de main morte pour décrire l’ancien premier ministre. Ce dernier est décrit comme un personnage « odieux, sûr et dominateur jusqu’au bout« , bien loin de l’image qu’il renvoie. Elle n’oublie pas le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui, d’après ses dires, serait devenu « psychorigide et paranoïaque« . C’est Libération qui fait ses révélations en dévoilant certaines pages du livre qui paraît aux éditions Massot Editions. 

Une chose est sûre, Frédérique Dumas ne semble pas regretter son départ, elle qui dit clairement que les ministres doivent mettre de côté leurs convictions. C’est en tout cas ce qu’elle disait auprès du Parisien, sans manquer de faire une référence cinématographique qui n’a pas besoin d’explication : « On nous explique que les ministres doivent faire des sacrifices personnels en abandonnant leurs convictions, leurs idéaux, qu’il faut avaler toutes les couleuvres, pour rester au gouvernement. C’est dangereux. On a le sentiment d’être sur le Titanic« .

 

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Jean-Michel Blanquer: Un scandale avant les élections ? 

Difficile à dire si ce livre peut avoir des conséquences sur les élections, mais nous sommes tentés de dire que ce ne sera pas le cas. Il faut voir comment le gouvernement gère ce qui aurait pu être un scandale majeur : l’affaire McKinsey. A quelques jours des élections, un rapport sénatorial publié le 17 mars dernier  dénonce l’appétit du gouvernement pour les prestations des cabinets de conseil, grassement payés. Pris de court par ces révélations, le gouvernement refuse de s’étendre sur le sujet mais souhaite tuer dans l’œuf la polémique en rappelant que tous les partis politiques font appel à des cabinets de conseil privés. 

Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, minimise même l’importance de cette affaire, lui qui rappelle que le cabinet ne pèse en 2021 que 5% des dépenses de conseil en stratégie de l’État. L’affaire reste cependant d’autant plus problématique que l’entreprise n’aurait pas payé d’impôt sur les sociétés en France entre 2011 et 2020.