Une ex-star des Bleus derrière les barreaux : il a été condamné à 5 ans de prison

C'est l'épilogue d'une longue histoire qui commence en 2011, à la sortie d'une boîte de nuit à Nancy. Plus de dix ans après les faits, Tony Vairelles et ses frères ont été jugés et condamnés pour avoir tiré à plusieurs reprises sur les videurs de l'établissement. C'est du moins ce qu'a décidé le parquet qui a suivi la requête du procureur de la République. Retour sur les faits.

© ARSEN GALSTYAN

Tony Vairelles poursuivi à l’origine pour tentative d’homicide

C’est une histoire obscure qui fait la une des journaux en 2011. Les faits se sont déroulés dans la nuit du samedi au dimanche 23 octobre. Le footballeur connu pour sa coupe de cheveux et sa moustache, surnommé Tony Le Gitan, s’amuse dans une boîte d’Essey-lès-Nancy, dans la banlieue de Nancy, ville qu’il connaît bien puisque sa carrière a commencé ici. Mais l’alcool coule tant à flot que l’ancien footballeur se fait expulser, a priori sans ménagement, par les videurs, vers trois heures du matin. Mais Tony et ses frères, mécontents, ne comptent pas en rester là

Ils reviennent quelques instants plus tard armés de battes de baseball pour en découdre. Les videurs répondent avec du gaz lacrymogène. L’un des compagnons de Tony décide alors de passer à la vitesse supérieure en allant chercher un calibre 22 long rifle. Sept balles sont tirées. Un des videurs est blessé à la cuisse et à la main, l’autre au niveau du flanc. Tony et ses frères sont rapidement arrêtés et poursuivis pour tentative d’homicide. L’enquête évolue, et les faits sont finalement requalifiés. Il se sont ainsi présentés face à la justice pour violences avec arme

 

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Un procès plus de dix ans après 

En 2022 s’est enfin tenu le procès au parquet de Nancy. Lundi dernier, le verdict est tombé, plusieurs semaines après que le procès, très médiatique, se soit tenu (c’était au mois de mars). Le procureur de la République, François Pérain, avait requis des peines lourdes contre les quatre frères. Le parquet est convaincu que cette peine est nécessaire puisque Tony Vairelles écope de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour violences avec arme. L’ancien champion du RC Lens va devoir passer trois ans derrière les barreaux. 

Ses frères ont également été condamnés. Fabrice a écopé lui aussi de trois ans de prison ferme, alors que Jimmy et Giovan s’en sortent avec trois ans de prison dont deux avec sursis. Une décision injuste pour l’un des avocats de Tony Vairelles qui estime que l’histoire est encore aujourd’hui bien trop floue pour que des coupables soient désignés de la sorte : « Il y a une très grande confusion sur ce qui a pu se passer, le doute doit bénéficier à tout le monde« , rappelle Me Frédéric Berna.

 

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Un nouveau procès en appel ? 

Pendant le procès, les avocats de Tony Vairelles ont plaidé la nullité de la procédure, en mettant en avant la lenteur de l’enquête qui a vu se succéder quatre juges d’instruction en dix ans. Mais cette demande a été rejetée par le tribunal. Face à la décision prise par la justice, ils ont fait une annonce: 

« Nous allons faire appel. Je ne désespère pas de faire entendre raison à la justice, à savoir qu’on ne condamne pas quelqu’un au bénéfice du doute ». Frédéric Berna, fustige un jugement « à la hauteur de ce dossier, une instruction ratée et minable ». « Quand, après dix ans d’enquête, on envoie des gens en prison au doigt mouillé, je trouve que ce n’est pas très rassurant ».

Tout au long de sa carrière, Tony Vairelles a joué pour 13 clubs de football et s’est illustré durant huit matchs avec l’équipe de France entre 1998 et 2000. Il a marqué un but avec cette dernière. Cette affaire vient ternir une carrière qui, si elle n’a rien d’exceptionnelle, témoigne de son sérieux et de son professionnalisme. Ce n’est pas la première fois qu’un footballeur fait face à la justice et les polémiques dans le milieu ne sont pas rares, mais concernent généralement des affaires autour de la corruption, des matchs achetés, des ajustements avec le règlement… Le 5 décembre, un autre procès aura lieu pour définir la somme à payer pour d’éventuels dommages et intérêts pour les victimes.