Voitures électriques : des ventes en hausse… mais un impact environnemental désastreux !

Alors qu'on pourrait penser qu'acheter électrique est une bonne chose pour la planète, ce n'est pas tout à fait le cas. L'agence internationale de l'énergie tire la sonnette d'alarme, alors que les ventes se multiplient.

©Les frontaliers

Acheter une voiture électrique pour protéger la planète ?

Les préoccupations écologiques prennent une place de plus importante dans la société, notamment grâce aux jeunes, bien plus soucieux que les anciens. Ils craignent de voir le monde qu’ils connaissent disparaître. La militante activiste Greta Thunberg n’hésite pas à mettre sa vie personnelle entre parenthèses pour alarmer sur les conséquences de l’activité humaine sur la planète, qui se meurt peu à peu depuis trop longtemps.

On peut comprendre, dès lors, pourquoi certains se tournent vers les voitures électriques. Ces dernières sont présentées comme non polluantes. Certaines études nous laissent imaginer un monde différent puisqu’il est dit qu’une généralisation de ce type de véhicules dans les grandes villes permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%. Acheter une voiture électrique, c’est finalement une démarche de développement durable. Le prix des carburants, qui a connu une hausse spectaculaire ces dernières semaines, termine de convaincre ceux qui hésitaient jusqu’alors.

Mais, comme c’est souvent le cas, la réalité est toute autre. Oui, les voitures électriques sont moins polluantes. Mais n’ont-elles pour autant aucun impact environnemental ? Non. La faute à qui ? On vous le donne à mille : à cause de l’homme et des choix qu’il fait pour construire les voitures.

Les voitures électriques ont besoin de métaux précieux

Le dernier rapport publié par l’Agence international de l’énergie (AIE) est alarmant et nous donne une idée des conséquences de ce marché de plus en plus important des voitures électriques. L’année dernière, ce sont pas moins de 6.6 millions de voitures électriques qui se sont vendues dans le monde (dont la moitié en Chine). Par rapport à l’année précédente, cela représente le double.

Aujourd’hui, les ventes de voitures électriques représentent 10% des ventes totales de voitures neuves. En 2022, la courbe ne s’inverse pas, bien au contraire. En effet, deux millions de voitures électriques ont déjà été vendues pour le premier trimestre, soit une hausse de 75% par rapport à l’année dernière… qui était déjà une année record. 

Mais pour que ces voitures sortent des usines, il faut des minéraux extraits principalement des sous-sols de pays comme la Chine, le Congo, le Chili… Les conditions sociales et sanitaires dans lesquelles ces minéraux sont extraits sont désastreuses pour les populations locales. Mais ces matériaux précieux, à commencer par le lithium (utilisé pour les batteries) sont aujourd’hui indispensables. Et c’est Pékin qui contrôle plus de la moitié des capacités de transformation et de raffinage du lithium. 

Les experts estiment qu’une cinquantaine de mines de lithium devront se créer dans les années à venir puisque les besoins en lithium devraient être multipliés par six d’ici 2030. L’agence international de l’énergie explique qu’il faudrait freiner cet emballement grâce à une réponse fiscale : en augmentant les taxes sur les véhicules thermiques. 

Elle n’est pas si écologique

Il est bon de rappeler que l’empreinte carbone d’un véhicule ne se mesure pas uniquement avec sa consommation d’essence. Elle se mesure à l’échelle de son existence : « Toute la phase de production est génératrice de gaz à effet de serre« , nous apprend Sarah Fayolle, chargée de campagne chez Greenpeace France. Comme vu plus haut, c’est la batterie qui est très largement mise en cause : « Comme les processus de fabrication des batteries sont gourmands en électricité, on peut s’interroger sur la pertinence de les faire produire dans des pays comme la Chine, mais aussi dans certains États membres de l’Union européenne comme la Pologne ou encore l’Allemagne« , analyse Aurélien Schuller, consultant de l’agence Carbone 4.

Pire encore, les dénonciations faites par Amnesty International. Des enfants sont exploités dans des mines de cobalt congolaises (la propriété de multinationales). Onze ONG ont adressé une lettre ouverte à ces super puissances capitalistes : « rations de vivres et d’eau inadéquates, couchages surpeuplés et installations sanitaires insalubres« . Des conditions de travail et de vie qui font froid dans le dos, tout cela pour que les occidentaux puissent rouler en voitures électriques et, diront les plus cyniques, s’acheter une bonne conscience écologique.

« Les entreprises ont un devoir de vigilance sur la façon dont se comportent leurs fournisseurs et leurs sous-traitants« , rappelle à raison Sarah Fayolle.

 

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