Après l’interview de Diam’s, Jamel Debbouze évoque sans fard sa vision de la France aujourd’hui

L'humoriste a accordé une interview exclusive à TF1 dans l'émission Sept à Huit. Interview dans laquelle il revient notamment sur le choix des prénoms donnés à ses enfants.

© Lionel Urman / Panoramic / Bestimage

Depuis des années, Jamel Debbouze est un symbole de réussite. Discret, il n’accorde que peu d’interviews. Mais quand il accepte d’en donner, il aborde des sujets qui lui tiennent à cœur, comme le racisme en France. Malgré les scores impressionnants du RN dans les récentes élections, il ne perd pas espoir. Pour lui, la France n’est pas raciste.

Jamel Debbouze et le racisme en France

L’humoriste le dit haut et fort. Il ne pense pas que les Français sont racistes. Si certains utilisent l’argument des élections présidentielles pour pointer du doigt le racisme des français, il refuse de son côté d’interpréter les événements de la même manière :

Les dernières présidentielles, on avait l’impression qu’un Français sur deux était raciste, parce qu’ils ont voté Le Pen; mais moi je suis convaincu que la France n’est pas raciste. Je suis sûr que c’était un vote de misère. C’était plus une plainte contre Macron, et dire combien c’est anormal cette mauvaise répartition des richesses. Donc je ne veux pas croire que la France soit raciste. Ça m’est impossible de penser ça, puisque j’ai fait 25 fois le tour de la France et j’ai joué partout.

Pour autant, l’humoriste nuance. Il ne dit pas que le racisme n’existe pas. Il refuse simplement de réduire le peuple français à un peuple profondément raciste. Pour lui, ce n’est pas inscrit dans l’ADN de la France :

Alors évidemment, je suis l’arbre qui cache la forêt, je suis considéré différemment et je viens faire rire, certes. Mais nos grands-parents et nos parents ont passé notre temps à essayer de rassurer cette France, qui est une vieille dame, qui a juste peur, un peu. Il faut juste la rassurer”.

 

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Les prénoms de ses enfants font débat

C’est une drôle de polémique à laquelle a dû faire face l’humoriste. Marié avec Mélissa Theuriau, il a deux enfants avec elle. Ils choisissent de les appeler Léon et Lila. Il est utilisé en exemple par des français qui considèrent que les prénoms donnés aux enfants doivent être français, ne doivent pas avoir d’origine ou de connotation étrangère. Il est critiqué par une partie de la population qui considère qu’il renie ses origines, sa culture.

Le choix des prénoms de vos enfants (Léon et Lila), certains l’ont vu comme une preuve d’assimilation, d’autres comme une trahison, vous le comprenez ça?”, lance alors la journaliste pour avoir enfin l’état d’esprit de l’humoriste à ce sujet.

Je comprends que l’opinion publique a son avis, et qu’elle dit ce qu’elle veut, quand elle veut, au moment où elle doit le dire. Après, quand d’autres en font commerce pour nous diviser ou pour nous monter les uns contre les autres, c’est ridicule… Je ne rentre pas là-dedans du tout. Ce que j’ai fait à travers ça, c’est juste aimer ma femme et créer une famille. Je suis né en France, je suis Français, et c’est la résultante de tout ça quoi.

J’ai l’impression qu’on progresse d’une manière générale. C’est très lent, c’est très subtil, mais on progresse. Après, j’ai le sentiment qu’on fait le commerce de tout ce qui n’avance pas et de tout ce qui ne progresse pas, et nous opposer fait vendre.”

 

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Jamel Debbouze n’a pas changé d’avis

Ce n’est pas la première fois que le comédien et réalisateur s’exprime à ce sujet. Il est sollicité pour parler de sa propre expérience, de son ressenti. En 2013 déjà, il était invité à réagir à la Une polémique du magazine Minute. L’hebdomadaire comparait Christiane Taubira (alors garde des Sceaux) à un singe :

« Ça me conforte dans l’idée que ce sont des débiles mentaux. C’est complètement abruti. Je n’ai même pas d’avis tant j’estime que ça ne mérite pas qu’on en parle. C’est terrible évidemment, mais honnêtement, on a l’habitude. Franchement, leur accorder autant d’importance, c’est con parce que ça sert leur moulin. Moi, je m’en fous de leur avis. Je sais que la France n’est pas raciste, même s’il y a du racisme. Il y a une vraie nuance« .

Un discours similaire, empli d’espoir et de foi en l’être humain, en son prochain.