Cette femme, virée des urgences, finit dramatiquement en soins intensifs

C'est un récit qui, du fait du manque de soignants, risque malheureusement de se généraliser. On parle de celui de Virginie, qui s'est retrouvée hospitalisée après avoir été virée des urgences d'Albi.

©AFP (illustration) – Cette femme, virée des urgences, finit dramatiquement en soins intensifs

Virginie risque de se rappeler de son rapide séjour aux urgences. Alors qu’elle souffre le martyrs, les infirmières présentes sur place lui disent d’arrêter d’angoisser et lui demandent de rentrer chez elle. Pourtant, elle souffre réellement !

24 heures de calvaire pour Virginie

Le samedi 2 juillet, Virginie fait une chute à cheval. Cette passionnée d’équitation souffre et est donc immédiatement transportée aux urgences grâce aux pompiers. A Albi, l’équipe médicale lui fait passer un examen de routine dans le cas d’une chute : une radio des côtés et du bras gauche. Mais rien n’est trouvé. Le comportement des soignants changent alors.

« L’infirmière et sa collègue m’ont assise comme un pantin sur le brancard, j’ai hurlé de douleur, je ne pouvais plus respirer. Elles m’ont dit d’arrêter, que je faisais de l’angoisse« , raconte Virginie à La Dépèche. Puisque la jeune femme n’a rien, sa mère est appelée. Elle doit la ramener chez elle. En découvrant sa fille et l’état dans lequel elle se trouve, elle exige de voir un médecin. En vain. Elle finit donc par ramener sa fille à la maison. 

Mais Virginie n’est pourtant pas en état de quitter l’hôpital. Les douleurs empirent dans la soirée et Virginie vomit. Sa mère appelle donc à plusieurs reprises le Samu. Mais rien n’y fait, personne ne se déplace. « La quatrième fois, l’opératrice du 15 m’a dit qu’elle allait appeler la police si je rappelais encore« , nous apprend-elle.

 

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Virginie est hospitalisée en urgence

Le lendemain matin, dès l’ouverture des services, la mère de Virginie compose le 3966. Elle trouve un médecin de garde qui se rend à son domicile. Il ausculte Virginie et réalise que quelque chose ne va pas. Il contacte lui-même une ambulance pour la ramener aux urgences d’Algi. Le bon examen lui est prescrit : un scanner. Le verdict tombe. Il ne s’agissait aucunement d’une comédie ou d’angoisses. Virginie souffre d ‘un hémopneumothorax. Il faut évacuer rapidement l’air et le sang qui sont entrés dans son poumon droit. Une opération courante mais qui doit être réalisée à temps.

Ce n’est pas fini pour Virginie. Elle souffre également d’une fracture de plusieurs vertèbres dorsales. Une en particulier, attire l’attention, puisqu’un risque de lésion de la moelle épinière est rapidement repéré. En outre, plusieurs de ses côtes et son omoplate gauche sont cassées. 

 

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La jeune femme est transférée à Toulouse

L’hôpital d’Albi ne dispose pas d’un service de neurochirurgie. Dans la soirée, Virginie est donc évacuée vers le CHU de Purpan. Elle passe sur la table d’opération dès le lendemain matin afin d’éviter le risque de paralysie. Cela fait une semaine désormais qu’elle a eu son accident de travail. Elle est toujours à l’hôpital et se remet peu à peu de son opération en tentant de se tenir debout. Sa mère est toujours frappée par le comportement des soignants à Albi. Elle ne comprend pas pourquoi sa fille et elle-même ont été traitées ainsi alors que la souffrance et le danger étaient réels. 

Même si sa fille va mieux, elle veut avoir des réponses. Elle considère que « ce genre de choses ne doit plus arriver« . Malheureusement, nombreux sont les services d’urgence à fermer, ou à avancer au ralenti du fait du manque de soignants. Aujourd’hui, le gouvernement lance une campagne pour appeler les français à ne pas se rendre aux urgences pour des petites blessures. Mais sur Twitter, les internautes ont exprimé leur mécontentement.

Nombreux sont ceux à dire être allés aux urgences pour ce qui, d’un point de vue extérieur, peut n’être rien (mal de ventre, de tête…) alors que cette décision d’y aller leur a justement sauvé la vie. La vraie question est plutôt de savoir comment sauver l’hôpital public en France, fragilisés par les politiques successives et la crise du covid-19, qui a mis en évidence tous les dysfonctionnements (problèmes de matériel, manque de soignants…).

Heureusement, tout finit bien pour Virginie qui a pu être soignée. Mais combien d’autres français n’ont pas eu cette chance ?