[Guide] Le point sur les réseaux M2M dédiés à l’internet des objets

Face à l’essor de l’internet des objets, il est désormais nécessaire de déployer de nouveaux réseaux Machine to Machine (M2M) permettant de relier entre eux les objets connectés. Outre les réseaux cellulaires et les technologies sans fil traditionnelles comme le Bluetooth ou le WiFi, plusieurs entreprises ont fait le pari de créer des réseaux entièrement dédiés à l’iOT. Ces nouveaux réseaux fonctionnent grâce à la technologie bas débit Low Power Wide Area (Low Power Wide Area). Passage en revue des acteurs français.

Qu’est-ce que le LPWA ?

La technologie LPWA désigne les réseaux de télécommunication sans fil autorisant des communications à longue portée à un débit très bas. Elle repose sur une bande étroite (Ultra Narrow Band) et des signaux très courts d’une dizaine d’octets seulement. À la fois peu coûteuse, facile à déployer et économique en termes d’énergie, cette technologie permet de déployer des réseaux optimisés pour l’internet des objets. Déjà largement répandue aux États-Unis, elle est actuellement exploité en France par quatre concurrents : Sigfox, LoRa, Qowisio et Matooma.

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Sigfox, le Français qui s’exporte

réseau sigfox

Lancé en 2009, Sigfox couvre actuellement l’intégralité du territoire français à l’aide de ses 1500 émetteurs soigneusement répartis. Chaque relais offre une portée de 40 kilomètres au maximum. Ce réseau utilise la bande UNB, et la bande de fréquences 868 MHz. Les signaux envoyés ne pèsent que 12 octets. Grâce à cette configuration économique, le déploiement du réseau n’a coûté que 5 millions d’euros.

En décembre 2015, la firme a nommé Anne Lauvergeon, ancienne PDG d’Areva, au poste de présidente du conseil d’administration. Ce choix a permis a l’entreprise de lever 115 millions de dollars.

Désormais, la start-up envisage une expansion internationale. Sigfox s’étend déjà dans 11 pays : France, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Irlande, Portugal, Belgique, Danemark, Luxembourg, Italie, République Tchèque et Russie. Elle vise à présent une implantation aux États-Unis et en Asie.

Ce réseau est utilisé par des firmes de renom comme Clear Channel, Cofely Services, Engie, Glen Canyon, Securitas Direct, Sogedo ou encore La Poste. Il est également supporté par des marques telles que Air liquide, Eutelsat, NTT DoCoMo, Samsung, SK Telecom, ou Telefónica.

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LoRa, le consortium international

réseau lora

 LoRa est un consortium fondé par IBM, Cisco, Sagem, Éolane, Semtech, Actility et Bouygues Telecom. Il rassemble aujourd’hui plus de 130 entreprises dont plusieurs opérateurs européens tels que Belgacom, KPN ou Swisscom.

La technologie LoRa se distingue sur plusieurs points. Sa vitesse de transmission est plus importante que celle de Sigfox à haute de 300 bits par seconde. Ses communications sont bidirectionnelles et ses messages pèsent jusqu’à 240 octets. Elle utilise la même bande de fréquence 868 MHz, mais remplace la bande étroite UNB par une technologie à étalement de spectre.

En France, Bouygues Telecom se place en ambassadeur de cette alliance. L’opérateur déploie actuellement un réseau basé sur son protocole et compte couvrir plus de la moitié du pays d’ici la fin de l’année. C’est également le cas d’Orange, décidé à proposer son réseau LoRa après des tests réussis à Grenoble.

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Qowisio, le bon compromis

réseau qowisio

Qowisio est une entreprise fondé à Angers. Son réseau repose sur la technologie UNB (comme Sigfox). D’ici la fin 2016, la firme compte couvrir 80% de l’hexagone avec un réseau d’environ 2000 antennes créées en partenariat avec TDF. Auparavant, Qowisio a déployé de nombreux réseaux privés en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est pour des banques et des fournisseurs d’énergie.

La stratégie de Qowisio est différente des autres acteurs puisque l’entreprise ne vend pas directement l’accès à son réseau mais souhaite se faire une place sur le marché en vendant une solution clé en main de création d’objet connecté (sur toute la chaine de valeur). L’idée est que chaque objet créé devra utiliser ensuite le réseau Qowisio. L’entreprise propose également ses propres objets connectés, ses applications et son service de cloud.

En juin 2015, l’entreprise a levé 10 millions d’euros.

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Matooma, le réseau universel

réseau matooma

Matooma est une start-up montpelliéraine spécialisée dans le Machine 2 Machine. Initialement, cette entreprise proposait des cartes SIM compatibles avec tous les opérateurs. Cette stratégie lui permettait de déployer rapidement y compris à l’internationale.

Aujourd’hui, la firme s’intéresse aux réseaux bas débit. L’objectif est toujours le même : proposer un réseau universel regroupant toutes les solutions M2M. Ceci permettrait une interopérabilité pour les réseaux de l’internet des objets.

Cette entreprise bénéficie de clients prestigieux tels que Air liquide, BNP Paribas, Groupama, Mondial Assistance ou Vinci.

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D’autres réseaux & technologies existent

Ci-dessus il s’agit des principaux acteurs pour la France mais d’autres réseaux existent ailleurs dans le monde. Aux États-Unis et en Asie, on dénombre davantage d’acteurs tels qu’Ingenu, Senet, Symphony Link, ou ThingPark Wireless ou encore Weightless. 

Pour s’imposer sur le marché et se rapprocher d’un monopole, ces acteurs majeurs devront à présent se livrer à une concurrence féroce, tout en composant avec d’éventuels nouveaux challengers au fil des années. Seul le temps permettra de déterminer quel réseau est le plus fiable et le plus efficace pour l’internet des objets en France mais aussi pourquoi pas dans le monde.

Lors du MWC 2016 de Barcelone, la GSMA a présenté au public les premières démonstrations mondiales des principales technologies LPWA. Ces dernières sont séparées en trois normes : NB-IoT (narrow band), EC-EGPRS facilitant l’accès aux espaces intérieurs, et Cat-M pour les espaces souterrains ou les zones rurales. Cette standardisation permet un déploiement plus fiable, plus clair et plus sécurisé.

réseaux-iot

Outre ces réseaux Low Power Wide Area, d’autres alternatives M2M existent pour connecter les objets. Certaines entreprises favorisent toujours le LTE (3G,4G), le WiFi ou encore le Bluetooth. Dans les pays du nord de l’Europe, nombre de constructeurs utilisent les réseaux maillés, aussi appelés Mesh. Le principe est simple est efficace. Les objets connectés font à la fois office d’émetteurs et de récepteurs. Il n’y a donc presque plus besoin d’antennes. Sur le long terme, le LPWA pourrait être abandonné au profit d’une autre technologie.

Pour ceux qui veulent aller plus loin notamment dans les explications techniques, vous pouvez lire l’excellent dossier du site oezratty.net consacré aux réseaux M2M du monde entier.

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