Dominique Lagrou-Sempère, amoureuse, après la mort de Claude Sempère, elle est en couple

Dans Après l’orage, la journaliste et grand reporter Dominique Lagrou-Sempère revient sur le décès de son époux, survenu le 29 novembre 2019. Avec beaucoup de pudeur, elle explique comment le cancer est arrivé dans leur vie, pour la chambouler à jamais. Et c’est avec cette même pudeur qu’elle a répondu aux questions de Léa Salamé sur France Inter, pour parler de son époux, de ses enfants, de la maladie, mais également de la vie qui continue. Deux ans après la mort de Claude, elle a en effet retrouvé l’amour.

Dominique Lagrou-Sempère virée de TF1, elle fait une déclaration de choc !
© SIPA

Claude Sempère, un troisième cancer fatal pour le journaliste

Le 29 novembre 2019, le monde du journalisme est en deuil. A seulement 55 ans, le journaliste et grand reporter Claude Sempère décède d’un cancer, après deux ans à se battre contre la maladie. A l’annonce de sa disparition, plusieurs confrères et consœurs réagissent, comme Rebecca Suner, productrice de Brut America, qui parle de lui comme d’un « modèle de journalisme, un cœur immense et la première personne à m’avoir donné ma chance dans ce métier« . Apolline de Malherbe, de son côté, parle d’un homme « exigeant et bienveillant. Il aimait transmettre. Un homme formidable« . 

Et si Claude Sempère se battait contre la maladie, il en avait également peur. Il avait peur de mourir, d’être oublié, que son enveloppe corporelle disparaisse pendant que celle des autres continuerait d’exister. A la fin de son ouvrage Après l’ouvrage, sa femme Dominique a décidé de dévoiler une lettre écrite par son époux, alors qu’il voyait la mort arriver : « J’ai peur, terriblement peur, je sens mes forces diminuer, je ne sais pas si je pourrais aller au marché tout à l’heure et préparer le repas. La maison dort et moi j’ai peur, je ne veux pas mourir, je ne veux pas partir. Pourquoi ça devrait s’arrêter, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?« 

L’auteure explique pourquoi elle a décidé de dévoiler cette intimité, les mots d’un homme terrifié, à la toute fin de son livre : « Quand j’ai découvert cette lettre, je me suis dit que j’avais parlé pour lui pendant tout ce livre, et que c’étaient ses mots qui devaient clore ce livre. C’est tellement beau d’avoir peur de mourir, Claude était un amoureux de la vie, et le fait qu’il dise qu’il a peur de mourir, je trouve ça tellement humain« . 

Dominique voulait prendre le cancer de Claude 

Quand les deux journalistes ont appris la maladie de Claude, le réflexe de Dominique a été de ne rien cacher aux enfants, surtout que l’évolution de la maladie n’était malheureusement pas celle voulue : ​​« J’ai tout dit à mes enfants. J’ai raconté les traitements, j’ai raconté les souffrances, j’ai pleuré, Claude a beaucoup pleuré. On a tout dit. (…) J’ai décidé de tout partager avec eux parce que je savais que Claude allait partir« . En colère contre la vie, quelque part, de s’acharner ainsi sur son époux, Dominique aurait, si elle l’avait pu, pris le cancer qui rongeait son époux : « Il en avait déjà eu deux, je me suis dis ‘moi je n’en ai pas eu, je vais le prendre’. Évidemment qu’on veut mourir avec, parce qu’on se dit que ce n’est pas normal de survivre« 

Mais pour ses enfants, Dominique a décidé de vivre. Car la vie continue, et si Claude n’est plus, il existe tant que ceux qui l’aiment parler de lui : « Ma fille, un jour (…) m’a dit : ‘Tu sais Maman, j’ai peur d’oublier Papa’. J’ai trouvé cela tellement beau, parce que ma petite nana de 16 ans aujourd’hui a compris ce que voulait dire être vivant. Être vivant, c’était continuer le chemin, même si l’autre n’était plus là pour faire des câlins, pour faire un café le matin, pour faire un bisou (…) Claude, il est super fier que je parle de lui et qu’on parle de lui aujourd’hui. Donc il est là, même si son corps n’est plus là ».

Et grâce à ses enfants, Dominique Lagrou-Sempère s’est autorisée à « aimer à nouveau« , eux qui lui ont fait comprendre que la vie continue et qu’elle a droit de connaître l’amour une nouvelle fois. « C’est le sujet sur lequel j’avais un peu plus de pudeur à parler. Effectivement, le regard de la société est tellement fort, culpabilisant (…) Tout comme on ne choisit pas de mourir, on ne choisit pas d’aimer, et heureusement que j’ai aimé et que j’aime passionnément aujourd’hui« . 


Pierre Lacoste

Passionné par l'écriture, je me suis tourné vers le métier de rédacteur web en 2018 après plusieurs années d'expérience pour plusieurs blogs. Les médias, la télévision, le sport et le cinéma n'ont aucun secret pour moi et j'aime faire partager mes passions aux lecteurs.