Elle reçoit une facture d’eau d’un montant astronomique, le calvaire de Solange

Consommation excessive ou erreur administrative ? Solange, une retraitée à Mûrs-Érigné en Maine-et-Loire, lutte pour faire reconnaître une erreur dans sa facture d’eau qui s’élève à 18 251 €. Elle aurait consommé 250 fois plus d’eau que d’habitude. Objeko vous donne tous les détails à ce sujet.

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La presse quotidienne régionale regorge d’histoire étonnante. Une nouvelle le journal Ouest France a retenu notre attention Ce fut le cas encore récemment avec Solange Saint-Dizier, âgée de 78 ans. Elle habite seule dans un petit pavillon dans la commune de Mûrs-Erigné depuis 2003.

Une facture de 18 251€ !

L’herbe est très sèche. Solange a, comme beaucoup, peu de moyens et l’habitude de faire très attention. Alors, quand le 21 octobre 2021 elle a reçu une facture de 18 251€, elle est tombée des nues. En effet, cette dame n’a qu’une petite retraite et elle était sous le choc face à cette nouvelle. Elle a alerté ses proches et sa famille.

 

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Elle a commencé une série de démarches. Déjà, elle a pu constater qu’elle n’avait de fuite. Mais pour faire en sorte d’annuler cette facture qui reste très mystérieuse, elle a dû faire de nombreuses démarches. Aucune de ses démarches n’a abouti, ce qui a beaucoup affecté cette vieille dame. Puis, elle a décidé de médiatiser son affaire et Ouest-France a fait un article à ce sujet. Les lecteurs ont été choqué par cette histoire très surprenante.

Un recours gracieux

Facture d’eau : Cette histoire n’est pas passé inaperçu auprès des autorités locales qui lisent Ouest-France qui est le journal de référence. Sollicité par les journalistes du quotidien de l’Ouest, le maire des Ponts-de-Cé Jean-Paul Pavillon, vice-président d’Angers Loire Métropole en charge de l’eau, a étudié de près cette affaire. 

 

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Il a déclaré : « Nous ressortons le dossier qui est en effet passé en recours gracieux et nous apporterons des éléments de réponse ». Cette différence de consommation anormale a fait l’objet d’un recours en vain et ne s’explique pas pour la retraitée qui n’a pas de fuite. Ainsi, tout est bien qui finit bien pour cette dame qui va pouvoir dormir sur ses deux oreilles.

Facture d’eau : une inquiétante hausse des prix de l’énergie

Au-delà cette affaire exceptionnelle. Ces derniers mois, on a assisté à une hausse des prix de l’énergie. Le 19 avril, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) a publié un communiqué dénonçant « des risques pour la continuité des services d’eau ». Régis Taisne, chef du département eau de la Fédération a détaillé les raisons.

C’est la hausse des prix de l’énergie qui pèse, sur ce secteur : d’abord parce que les stations elles-mêmes demandent beaucoup d’énergie : Noréade, régie d’eau qui dessert un million d’habitants dans les Hauts-de-France, va devoir supporter cette année une facture d’électricité multipliée par deux. Ensuite, parce que la fabrication de réactifs consomme beaucoup d’énergie. De plus, des tensions importantes existent sur l’approvisionnement. Depuis l’été 2021, la reprise économique post-covid-19 sature le fret maritime.

 

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Les produits réactifs utilisés pour la potabilisation et l’assainissement, sont en grande tension. C’est le cas des charbons actifs, qui viennent de Chine et d’Australie. Mais aussi des produits industriels nécessaires à l’entretien ou à l’investissement.

Indépendamment des problèmes d’approvisionnement, l’augmentation des coûts de fabrication de certains produits renchérissant leur prix. Tout le problème est que le secteur de la potabilisation et de l’assainissement sont indispensables et ne peuvent en aucun cas être mis à l’arrêt. Cette concomitance de différentes difficultés, à laquelle s’ajoute la tentation de certains acteurs de spéculer, met les collectivités devant un tableau délicat. Il n’y a pas de solution simple dans ce secteur.

La FNCCR veut que le gouvernement prenne des mesures d’urgence. D’abord en mettant en place un vrai « bouclier tarifaire » pour toutes les collectivités. Au-delà, la Fédération veut que l’État mette en place « une cellule de veille » sur les questions d’approvisionnement. Par ailleurs, elle demande que l’eau et l’assainissement soient placés par les services de l’État dans la liste des services prioritaires.

La FNCCR estime que les collectivités vont rapidement devoir réfléchir à des « leviers » pour « optimiser leur consommation d’énergie ». Mais la balle reste dans le camp du gouvernement qui a jusqu’à maintenant refusé de prendre des mesures sérieuses pour aider les collectivités à faire face.