Drone : le futur de la livraison à domicile ?

Depuis cinq ans environ, de plus en plus d’entreprises testent les drones comme moyen de transport. Nous faisons aujourd’hui le point sur leurs avancées.

Les acteurs du marché

Amazon, DHL, Google et même La Poste, toutes ces sociétés visent un même objectif pour les années à venir : améliorer les livraisons en utilisant les multirotors. Depuis 2012, la course semble effrénée entre les concurrents qui travaillent tous plus ou moins dans le même domaine. UPS est le dernier en date à rejoindre le peloton avec une idée originale : des drones qui décollent directement depuis le camion de livraison.

Pour le moment tout cela n’est qu’à l’état de test dans divers pays. La Grande-Bretagne a été le terrain de jeu d’Amazon, alors que Google a privilégié l’Australie. En France, c’est la région du Var qui a accueilli les essais de La Poste. Il peut sembler étonnant que les sociétés américaines ne réalisent pas leurs tests aux USA, mais la raison est simple : les vols de drones commerciaux sont formellement interdits par la FAA, l’organisme de contrôle aérien américain. L’Angleterre et l’Australie sont des terres bien plus accueillantes pour les multirotors.

Que peut-on se faire livrer aujourd’hui ?

Comme nous l’avons évoqué, l’objectif principal des sociétés est la livraison. Mais de quel genre de livraison parle-t-on exactement ?

La plupart des multirotors ne peuvent pas embarquer de poids trop important, c’est pour ça que les tests ont pour la plupart consisté à transporter de la nourriture ou des denrées médicales. C’est ainsi que l’entreprise Foodora a utilisé avec succès un drone pour déposer à domicile des aliments à ses clients. Le premier test a eu lieu avec succès en Australie.

La Poste a également obtenu une autorisation pour livrer régulièrement des entreprises reculées dans le Var. Pour l’instant, seuls des colis légers peuvent être embarqués par les appareils (moins de 2 kg). En effet, l’autonomie des multirotos reste encore limitée, tout comme leur puissance.

Un gros défi des constructeurs dans le futur sera de réussir à trouver un compromis entre l’autonomie, la taille de l’aéronef et ses capacités d’emport. Dans un avenir proche, les particuliers qui choisiront la livraison aérienne seront donc limités à de petits paquets (nourriture, médicaments, objets légers). Ce n’est pas encore aujourd’hui que vous vous ferez livrer votre frigo flambant neuf par les airs !

La Poste livre une fois par semaine des entreprises reculées dans le Var grâce à des drones automatisés.

La Poste livre une fois par semaine des entreprises reculées dans le Var grâce à des drones automatisés.

Avantages et inconvénients

Mais quels sont les avantages et inconvénients de l’usage des drones ? Le plus gros avantage est évidemment la mobilité. Des lieux inaccessibles en voiture ou camion peuvent être atteints sans problèmes par voie aérienne. Il est ainsi possible d’effectuer des livraisons sur une île par exemple ou en zone rurale. N’ayant pas à employer de routes, les drones peuvent aussi atteindre leur destination plus vite. Se dégagent ainsi un gain de temps, mais aussi une pollution moindre puisque ces engins sont électriques.

Tout n’est cependant pas rose et les difficultés restent nombreuses à surmonter avant de voir le ciel empli de drones :

  • L’autonomie est un premier point noir qui limite la portée des engins volants (moins de 20 km). UPS pallie en partie ce problème en embarquant et rechargeant les aéronefs directement dans un camion qui fait office de terrain d’atterrissage.
  • Le plus gros point à prendre en compte est la sécurité des usagers. Faire voler un drone n’est pas sans risque, surtout si il est automatisé. Les multirotors devront être conçus pour éviter les obstacles, particulièrement en cas de survol d’une ville.
  • Les clients qui se feront livrer devront aussi faire attention à ne pas mettre les mains n’importe où. Google a d’ailleurs trouvé une solution alternative avec son Project Wing en larguant le colis depuis une haute altitude. La personne livrée n’est ainsi pas tentée de toucher l’appareil en vol.
  • Enfin la météo est susceptible de laisser les drones à terre. C’est assez dangereux de faire voler un multirotor dès que le vent souffle un peu fort. Et en cas d’orage, ce n’est même pas la peine d’y penser.

La plupart des pays n’autorisent de toute façon pas les vols hors-vue. La NASA et la FAA sont actuellement en pleine collaboration afin de créer un système de contrôle au sol permettant de gérer les drones n’étant pas dans le champ de vision de leur opérateur. Il y a fort à parier que dans le futur ce soit ce genre de système qui automatise les vols. Les opérateurs au sol n’auront qu’à préparer le colis et lancer le vol avant qu’il ne soit ensuite pris en main par une “tour de contrôle” high-tech. Ce ne sont que des spéculations, mais c’est probablement le scénario le plus à même de se produire.

Un futur encore lointain

Si les essais ont lieu depuis 5 ans, la mise en place effective de la livraison par drones est encore très loin d’arriver d’après des experts français de la logistique. La fin des facteurs n’est donc pas pour maintenant. L’objectif des entreprises est plutôt de tester la technologie et vérifier qu’elle soit vraiment utile. Le marché grand public ne serait ainsi pas visé (en France) avant une vingtaine d’années. Les entreprises de livraisons miseraient d’abord sur le B2B. Les principaux freins sont ceux évoqués plus haut et en particulier la législation, particulièrement sévère dans l’Hexagone et qui risque de se durcir dans les années à venir. Pour rappel, la loi en France interdit formellement le survol des agglomérations par des engins sans pilotes et hors de vue. Le seul moyen d’y déroger est d’obtenir une autorisation préfectorale, ce qui est loin d’être simple.

Drones : le point sur la législation

Il semble donc qu’à l’heure actuelle les livraisons par drones soient limitées à des zones restreintes et difficiles d’accès autrement que par les airs. Finalement, à défaut de devenir le moyen de livraison de demain, les multirotors pourraient bien être de précieux assistants pour desservir les zones difficiles.

D’ici là, il faudra encore de nombreux essais sur des zones limitées avant de pouvoir recevoir votre déjeuner sur le pas de la porte !

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