Retraites complémentaires : voici pourquoi la réforme inquiète les syndicats et le patronat

Les partenaires sociaux souhaitent que le gouvernement d’Elisabeth Borne reporte le transfert à l’Urssaf du recouvrement des cotisations Agirc-Arrco, parce que cette réforme pourrait impacter le calcul des droits à une pension complémentaire. Objeko vous donne tous les détails à ce sujet.

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C’est rare ! Les syndicats et le patronat s’unissent face à l’Etat concernant l’Agirc-Arrco. Dans un courrier en date du 28 juillet, ils demandent à Gabriel Attal, le ministre délégué aux comptes publics, de décaler la réforme de la caisse de retraite complémentaire des salariés du privé.

Patronat et syndicats opposés à cette réforme

Une réforme qui les inquiète vivement : le transfert, dans 5 mois, du recouvrement des cotisations dédiées au régime. Des « difficultés sérieuses » perdurent, rendant « improbable la réussite » de la réforme à la date prévue, notent-ils.

Il faut dire qu’autour de ce sujet les enjeux sont considérables. Les syndicats comme les patrons ont peur que le calcul des droits soit moins performant à l’avenir, avec le risque que les assurés y perdent lorsqu’ils toucheront leurs pensions complémentaires.

 

Gérée de concert par les syndicats et par le patronat, l’Agirc-Arrco verse une prestation à 13 millions de personnes. Ses fonds viennent pour l’essentiel de cotisations liées à la masse salariale : soit plus de 80 milliards d’euros collectés, par an, par des institutions réunies dans ce régime.

Retraites complémentaires : une réforme délicate

Durant le premier mandat d’Emmanuel Macron, choix a été fait de confier au réseau des Urssaf le recouvrement de contributions qui finance différents systèmes de protection sociale. L’un des objectifs de cette réforme est de simplifier la tâche des entreprises, en leur offrant la possibilité de verser les sommes à un seul opérateur au lieu de plusieurs. L’exécutif pense également économiser des frais de gestion et améliorer la qualité du recouvrement.

 

L’Agirc-Arrco doit transférer à l’Urssaf les cotisations. La passation devait avoir lieu le 1er janvier mais elle a été décalée par Jean Castex. Les partenaires sociaux avait fait pression sur le gouvernement car il avait peur que des erreurs se produisent. Les syndicats estiment que pour le moment, il n’y a pas les garanties nécessaires pour que l’URSSAF fasse correctement ce travail qui est très minutieux.

Le gouvernement et le responsable de l’URSSAF se montrent rassurant de leur côté et estiment que tout se passera bien. « Nous sommes prêt pour réaliser le transfert en 2023. Les arguments qui disent qu’il y aurait des risques techniques sont inexacts », explique Yann-Gaël Amghar. Ces derniers mois, avec le phénomène de l’inflation, les Français sont très préoccupés par le pouvoir d’achat.

Il a diminué pour de nombreuses personnes. Aujourd’hui, dans les magasins, les Français et les Françaises sont obligés de regarder les prix de manière attentive. Le coût du transport a aussi beaucoup augmenté. Le prix de l’essence est plus élevé. C’est le cas du train, le prix des TGV pour la période estivale a connu un énorme bond.