Arnaque : un infirmier libéral escroque la CPAM d’une somme exorbitante, sa technique bien rodée

Grâce à un procédé plutôt ingénieux, cet escroc a réussi, pendant quatre ans, à demander plusieurs remboursements sur des soins fictifs. Il a finalement été arrêté et attend son procès, en janvier 2023.

© [Fred DUFOUR / ARCHIVES / AFP]

Le salaire des infirmiers fait débat dans la société, surtout depuis la crise de covid-19. Mais un infirmier en particulier n’avait pas de problème d’argent. Et pour cause : il vole près de 400 000 euros à différentes CPAM, pendant quatre ans. 

Une escroquerie qui se chiffre à 378 000 euros

L’infirmier libéral a réussi, pendant plus de quatre ans, à jouer avec différentes caisses d’assurance maladie. En tout, il parvient à récupérer 378 000 euros, comme le révèlent nos confrères de 20 Minutes. L’escroc en question est âgé de 45 ans. Comment son arnaque fonctionne-t-elle ? Éric Vaillant, le procureur de la République, nous explique. Il aurait « délibérément facturé auprès de la Sécurité sociale des actes non prescrits, non justifiés ou encore des actes fictifs« .

Mais comment cela est-il possible ? Il a tout simplement demandé des remboursements par télétransmission « en mode dégradé ». Dans ce cas précis, le professionnel de santé n’a pas besoin d’utiliser la carte vitale du patient. Ainsi, il peut éviter tout contrôle. Finalement, son escroquerie prend fin en juin 2019, au moment où la CPAM de l’Isère dépose une plainte. Les montants de l’escroquerie n’étaient alors pas tous connus.

 

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La CPAM cible d’une cyberattaque : des données mises en vente

Cette vente alarmante a été repérée par les experts en cybersécurité de ZATAZ. Ces derniers ont mis en évidence qu’un pirate informatique bien connu pour ses actions malveillantes est à l’origine de la vente. Ce dernier a eu accès aux données d’un million de personnes en France. Il a fixé ce prix de vente à 6000 dollars, soit environ 5700 euros. La protection des données est obligatoire en France et permet aux français de se sentir en sécurité. L’assurance maladie n’est pas à mettre en cause ici. Si l’arnaqueur n’explique pas comment il a réussi à obtenir ces informations, c’est sans doute grâce à la méthode du phishing qu’il y est parvenu.

On vous a déjà parlé à plusieurs reprises du phishing, mais étant donné cette dernière information, une piqûre de rappel est importante. Sur internet, vos informations sont sécurisées et protégées… à condition qu’elles ne soient pas dévoilées à une autre personne qu’un site officiel. Or, le but du phishing est aussi simple qu’efficace : se faire passer pour des instances officielles pour obtenir ces précieuses informations.

 

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Le phishing, des arnaques bien menées qui font de nombreuses victimes

Sans doute avez-vous déjà reçu des mails, des SMS ou des appels d’instances officielles… qui sont en réalité des copies. Face à des arnaqueurs qui font preuve d’une grande imagination pour vous avoir, il est de plus en plus facile de tomber dans le piège. Quelques règles permettent, cependant, de ne pas voir son compte en banque être vidé. D’abord, partez du principe que la Caf ne vous demandera jamais d’inscrire votre information bancaire en vous envoyant un e-mail.

Si vous avez toutefois un doute, ne cliquez pas sur le lien inscrit dans le corps du mail. Allez directement sur votre compte, sur le site officiel, et découvrez si un message similaire apparaît. Si vous ne trouvez rien, si aucune information ne vous est demandée, alors vous faites face à une arnaque. 

Enfin, vous pouvez appeler un conseiller qui travaille dans le service possiblement copié par les escrocs. Ces derniers savent exactement à quoi ressemble une arnaque, il vous demandera de supprimer immédiatement le mail. En respectant ces quelques astuces, vous mettez à mal la stratégie des arnaqueurs, qui comptent sur leurs victimes pour agir sans réfléchir en faisant preuve d’une confiance aveugle envers un organisme officiel et connu. 

La Caf est une cible privilégiée pour les arnaqueurs. Ils présentent de nouvelles aides dans les mails qu’ils envoient, et même directement au téléphone. De quoi pousser la Caf à faire un communiqué officiel à ce sujet : « Un faux courriel Caf vous invite à compléter un formulaire pour recevoir l’indemnité inflation. Ne cliquez pas sur le lien, il s’agit d’une tentative d’escroquerie visant vos informations personnelles« .

Et ce n’est ici qu’un exemple parmi tant d’autres !